23 avril 2019
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Par Wanlov The Kubolor
#5

Playlist de Wanlov The Kubolor

1- Who You Know – Yung Pabi

Ce n’est pas suf­fi­sant d’avoir du talent dans l’industrie musi­cale ou dans n’importe quelle indus­trie de cette sorte… On ne va quelque part que si l’on connaît les bonnes per­sonnes.

2- Account Balance – FOKN Bois

La plu­part des artistes sont sup­por­tés par un par­te­naire qui a un job « régu­lier »… Cette chan­son parle du par­te­naire qui est fati­gué de sup­por­ter le rêve et veut savoir quand les pro­messes du rêve seront finan­ciè­re­ment tenues.

3- Kaka­li­ka Love – Sis­ter Debo­rah ft Efo Cha­me­leo

Kaka­li­ka signi­fie cafard du terme alle­mand Kar­ka­leke et cette chan­son s’a­dresse aux ama­teurs de tri­che­rie qui mentent et s’en­fuient comme des cafards.

4– Obiaa Wone Mas­ter – Pono Biom ft Sto­neb­woy

Yaa Pono dit Pono Biom dit en langue Twi que tout le monde a un maître ce qui est un apho­risme qui signi­fie que cha­cun a quelque chose ou quelqu’un qui pos­sède le pou­voir sur eux.

5- Afri­ca Yie – Blay Ambol­ley

L’élite afri­caine, avec l’aide de pou­voirs étran­gers vole aveu­glé­ment l’Afrique. Blay Ambol­ley ques­tionne pour savoir quand serons nous fati­gué de ce cycle de cor­rup­tion.

6- Pres­sure – Bryte

Cette chan­son parle de la pres­sion de la vie urbaine sur les jeunes venant de petites villes ou vil­lages qui les conduit à l’égarement. Une lourde part de la faute revient aux poli­ti­ciens avides.

7- Pawa – Wor­la­si

La plu­part d’entre nous sont secrè­te­ment jaloux du pou­voir que les pas­teurs des églises gha­néennes ont sur le peuple. Wort­la­si ne cache pas ce secret ; Il demande à Dieu le pou­voir de s’échapper des choses que ces pas­teurs com­mettent chaque jour.

8- Who Do U Luv – Lady Jay ft Dex Kwa­si

Qui aimes-tu ? Es-tu cer­tain ? Juste une jolie chan­son soul d’afropop.

9- True Friends – FOKN Bois ft Mr Eazi

Dans cette époque de médias sociaux qui pos­sède plus de gra­vi­té que le monde en trois dimen­sions et où l’on est simul­ta­né­ment une célé­bri­té et un fan, Fokn Bois ose dire que seuls les fans qui aiment, par­tagent et sou­tiennent votre tra­vail sont vos vrais amis.

10- Ak3somorshi – Gas­mil­la

Gas­mil­la aime dan­ser à grande vitesse alors que son corps reste pro­fon­dé­ment posé sur le sol. Cette chan­son a juste été com­po­sée sur ce thème.

Wanlov The Kubolor

Wan­lov The Kubo­lor, de son vrai nom Emma­nuel Owu­su-Bon­su, est un artiste gha­néo-rou­main touche-à-tout : musi­cien, réa­li­sa­teur & icône cultu­rel. Il est consi­dé­ré comme l’un des artistes les plus révo­lu­tion­naires au Gha­na, parce que son son est décrit comme unique et repous­sant les fron­tières de l’a­fro-pop. Pro­fi­tant de sa double ori­gine, il a enre­gis­tré un pro­jet de musique « afro gyp­sy » qui a don­né l’album “Brown Card” en 2011. Wan­lov The Kubo­lor fait par­tie du groupe FOKN Bois, avec M3nsa.

Bien que la scène rap afri­caine n’ait jamais été aus­si pro­li­fique qu’aujourd’hui, rares sont les acteurs à en offrir une ver­sion vrai­ment ori­gi­nale, c’est à dire affran­chie des pos­tures et des for­mules made in USA. S’adresser à un public à la culture glo­ba­li­sée tout en réper­cu­tant les chocs et trau­mas d’une réa­li­té spé­ci­fique à son envi­ron­ne­ment, telle est l’équation que le duo gha­néen Fokn Bois résout brillam­ment avec Afro­beats L.O.L. où Wan­lov The Kubo­lor et M3nsa, les deux héros de cette épo­pée musi­cale débu­tée voi­ci 12 ans- et déjà riche de 5 opus- se hissent au niveau des meilleurs, quelque part entre De La Soul, Fugees et Out­kast, sans jamais condes­cendre à imi­ter l’un d’eux.

Tran­chant ouver­te­ment avec la ten­dance bling bling/gangsta/afrotrap domi­nant l’ensemble du conti­nent afri­cain, Fokn Bois offre ain­si une alter­na­tive aus­si inédite qu’enchantée, gor­gée d’humour et de joie de vivre, pui­sant dans le fond musi­cal tra­di­tion­nel afri­cain, plus par­ti­cu­liè­re­ment dans les styles emblé­ma­tiques du Gha­na, ber­ceau du High Life et de la Palm Wine Music, aux­quels viennent s’ajouter divers emprunts faits à la pop, à la soul, voire à la musique indienne, tout en res­tant fidèle à l’essence pro­fonde du hip hop ori­gi­nal, musique de la marge à tem­pé­ra­ment révo­lu­tion­naire. Car loin de cher­cher à mou­che­ter les flèches qu’ils adressent aux diri­geants de pays afri­cains qui ne cessent de déses­pé­rer leurs peuples, nos deux chale (« las­cars » en pid­gin) ont rare­ment per­du de vue la mis­sion qu’ils s’étaient assi­gnés à leurs débuts : dénon­cer la cor­rup­tion, les abus de pou­voir et les innom­brables tra­hi­sons dont les res­pon­sables poli­tiques se rendent cou­pables. Aus­si, bien que plus léger par le ton, Afro­beats L.O.L n’en déve­loppe pas moins à l’aide de petites say­nètes amou­reu­se­ment fice­lées des pro­blé­ma­tiques deve­nues uni­ver­selles qui ne man­que­ront pas de trou­ver écho auprès d’un large public, qu’il s’agisse de la crise des iden­ti­tés ou de la com­mu­ni­ca­tion déna­tu­rée à l’heure des réseaux sociaux.

Pho­to : Fokn Bois © Andras Orsi

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