23 avril 2019
-
Par Wanlov The Kubolor
#5

Playlist de Wanlov The Kubolor

Ce n’est pas suf­fi­sant d’avoir du talent dans l’industrie musi­cale ou dans n’importe quelle indus­trie de cette sorte… On ne va quelque part que si l’on connaît les bonnes per­sonnes”

Wanlov The Kubolor

Wan­lov The Kubo­lor, de son vrai nom Emma­nuel Owu­su-Bon­su, est un artiste gha­néo-rou­main touche-à-tout : musi­cien, réa­li­sa­teur & icône cultu­rel. Il est consi­dé­ré comme l’un des artistes les plus révo­lu­tion­naires au Gha­na, parce que son son est décrit comme unique et repous­sant les fron­tières de l’afro-pop. Pro­fi­tant de sa double ori­gine, il a enre­gis­tré un pro­jet de musique « afro gyp­sy » qui a don­né l’album “Brown Card” en 2011. Wan­lov The Kubo­lor fait par­tie du groupe FOKN Bois, avec M3nsa.

Bien que la scène rap afri­caine n’ait jamais été aus­si pro­li­fique qu’aujourd’hui, rares sont les acteurs à en offrir une ver­sion vrai­ment ori­gi­nale, c’est à dire affran­chie des pos­tures et des for­mules made in USA. S’adresser à un public à la culture glo­ba­li­sée tout en réper­cu­tant les chocs et trau­mas d’une réa­li­té spé­ci­fique à son envi­ron­ne­ment, telle est l’équation que le duo gha­néen Fokn Bois résout brillam­ment avec Afro­beats L.O.L. où Wan­lov The Kubo­lor et M3nsa, les deux héros de cette épo­pée musi­cale débu­tée voi­ci 12 ans- et déjà riche de 5 opus- se hissent au niveau des meilleurs, quelque part entre De La Soul, Fugees et Out­kast, sans jamais condes­cendre à imi­ter l’un d’eux.

Tran­chant ouver­te­ment avec la ten­dance bling bling/gangsta/afrotrap domi­nant l’ensemble du conti­nent afri­cain, Fokn Bois offre ain­si une alter­na­tive aus­si inédite qu’enchantée, gor­gée d’humour et de joie de vivre, pui­sant dans le fond musi­cal tra­di­tion­nel afri­cain, plus par­ti­cu­liè­re­ment dans les styles emblé­ma­tiques du Gha­na, ber­ceau du High Life et de la Palm Wine Music, aux­quels viennent s’ajouter divers emprunts faits à la pop, à la soul, voire à la musique indienne, tout en res­tant fidèle à l’essence pro­fonde du hip hop ori­gi­nal, musique de la marge à tem­pé­ra­ment révo­lu­tion­naire. Car loin de cher­cher à mou­che­ter les flèches qu’ils adressent aux diri­geants de pays afri­cains qui ne cessent de déses­pé­rer leurs peuples, nos deux chale (« las­cars » en pid­gin) ont rare­ment per­du de vue la mis­sion qu’ils s’étaient assi­gnés à leurs débuts : dénon­cer la cor­rup­tion, les abus de pou­voir et les innom­brables tra­hi­sons dont les res­pon­sables poli­tiques se rendent cou­pables. Aus­si, bien que plus léger par le ton, Afro­beats L.O.L n’en déve­loppe pas moins à l’aide de petites say­nètes amou­reu­se­ment fice­lées des pro­blé­ma­tiques deve­nues uni­ver­selles qui ne man­que­ront pas de trou­ver écho auprès d’un large public, qu’il s’agisse de la crise des iden­ti­tés ou de la com­mu­ni­ca­tion déna­tu­rée à l’heure des réseaux sociaux.

Pho­to : Fokn Bois © Andras Orsi

Veuillez choisir comment vous souhaitez avoir des nouvelles du webmédia #AuxSons par Zone Franche:
Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.
En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.