#AuxSons est un webmedia collaboratif, militant et solidaire
10 juin 2021
-
Par Kidi Bebey
#96
Playlist de Kidi Bebey
#96

Entre modernes et anciens, les choix musi­caux de Kidi Bebey pour sa play­list #Aux­Sons dénotent un éclec­tisme déli­cat et un uni­vers d’une éner­gique élégance.

1. Dobet Gna­ho­ré – Rédemp­tion

« Je suis cette chan­teuse depuis ses débuts. Je l’ai même vue sur scène à la Vil­la Ki Yi (d’Abidjan), le vil­lage artis­tique où elle a gran­di et a été for­mée, alors qu’elle n’avait que 13 ou 14 ans et don­nait un spec­tacle avec la troupe des enfants car les parents étaient en tour­née dans le monde. C’était vers la fin des années 1990, Je la trouve excep­tion­nel­le­ment douée : chan­teuse, dan­seuse, musi­cienne, avec un cha­risme fou sur scène. Ce mor­ceau est tiré de son tout nou­vel album“Couleurs”.»

2. Yoann Lous­ta­lot Quar­tet – San­za Tristesse

« Dans l’album “Slee­per Train”, j’adore la reprise de la chan­son de mon père, Fran­cis Bebey,  “San­za Tris­tesse”. Comme quoi de la musique afri­caine peut se trans­for­mer en un mor­ceau de jazz qui lui donne une toute autre cou­leur. J’aime tout par­ti­cu­liè­re­ment ici le style du trom­pet­tiste fran­çais Yoann Lous­ta­lot. » (Et ici, voi­ci le mor­ceau ori­gi­nal )

3. Spoek Matham­bo – Bumaye

« Ce mor­ceau redonne une idée du grand match que fut la ren­contre entre Moha­med Ali et Georges Fore­man en 1974 à Kin­sha­sa. Bumaye (tue-le ! en lin­ga­la), le mot que répé­tait la foule à l’époque, est repris ici sur un ton dan­sant et presque léger mais lan­ci­nant éga­le­ment et j’aime qu’il se déroule dans la lon­gueur. J’aime aus­si ce que l’on per­çoit de l’Afrique aus­trale dans les arran­ge­ments. Spoek Matham­bo m’intéresse aus­si pour cela. »

4. David Bowie – Sound And Vision

« Je trouve qu’il y a dans ce mor­ceau à la fois de la non­cha­lance et de l’élégance. J’adore l’introduction assez longue avec la gui­tare, ce syn­thé scin­tillant et ces sou­pirs et voix… avant que David Bowie ne finisse par arri­ver sur le tard… et c’est presque déjà fini. Ce mor­ceau me donne de l’élan. »

5. Me’Shell Nede­go­cel­lo – Some­times It Snows In April

« Cette musi­cienne, bas­siste, gui­ta­riste, chan­teuse, com­po­si­trice me fas­cine depuis ses débuts. Outre ses com­po­si­tions, tou­jours en évo­lu­tion, ses capa­ci­tés vocales sont telles qu’elle peut pas­ser d’une pro­fonde gra­vi­té à des aigus pré­cis en pas­sant par du velours. Elle ne se prive pas non plus de faire des reprises de cer­tains autres musi­ciens qu’elle réar­range à sa façon. Cette reprise de Prince me semble presque supé­rieure à la ver­sion de Prince lui-même ! »

6. Fela Kuti – Tea­cher Don’t Teach Me Nonsense

« Dif­fi­cile pour moi de choi­sir par­mi les mor­ceaux de Fela, qui m’accompagnent tout au long de ma vie. J’aime tout, à com­men­cer par le fait que ces mor­ceaux prennent le temps de s’installer dans le temps. J’adore l’insistance tran­quille du tem­po, à la fois dan­sant et lan­ci­nant. J’aime les voix un peu “canards” des cho­ristes. J’aime les sono­ri­tés d’orgue choi­sies pour les syn­thé­ti­seurs. J’aime les riffs de la sec­tion de cuivre. Par­fois j’écoute sans écou­ter, comme une musique de fond. Par­fois j’écoute et je chante avec les chœurs ou bien je chante jus­te­ment les lignes mélo­diques de cer­tains ins­tru­ments. Et puis bien sûr, la voix de Fela se fait entendre long­temps après le début. Alors je repense aux deux concerts où je l’ai vu à Paris, en par­ti­cu­lier à la Fête de l’Humanité. Un évé­ne­ment qui m’avait mise en transe. »

7. Ste­vie Won­der – Cash In Your Face

« Ce mor­ceau tiré de l’album “Hot­ter than July” raconte les déboires d’un couple d’Américains noirs qui cherchent à louer un appar­te­ment… et qui comme par hasard arrivent tou­jours alors que l’appartement vient d’être pris. Les arran­ge­ments sont tels qu’on s’identifie à ce couple et qu’on res­sent avec eux la las­si­tude pleine de dégoût qu’ils peuvent res­sen­tir face à cette expres­sion réité­rée du racisme. Ste­vie Won­der peut avoir l’air léger (I Just Cal­led To Say I Love You), mais il a en réa­li­té tou­jours été enga­gé. »

8. Nina Simone – Love Me Or Leave Me

« Je me sou­viens de la pre­mière fois où j’ai enten­du la voix de cette chan­teuse et de ma sur­prise, quand j’ai appris qu’il s’agissait d’une femme. De Nina Simone, j’admire le génie et en par­ti­cu­lier sa capa­ci­té d’inviter la musique clas­sique dans le jazz. Il faut entendre les pas­sages de contre­point dans ce mor­ceau. Bach en prend pour son groove ! Elle a un talent fou marié à des capa­ci­tés vocales et digi­tales incroyables et à chaque fois, je suis bluf­fée par ce qu’elle savait faire. Elle est désor­mais deve­nue une icône et ce n’est que jus­tice. »

9. Solange Knowles – Cranes In The Sky

« J’ai pris la sœur de Beyon­cé plu­tôt que Beyon­cé elle-même, mais je trouve que le talent est bien par­ta­gé dans cette famille. J’aime écou­ter cette chan­son quand je prends les trans­ports dans Paris… Elle m’emmène ailleurs et c’est aus­si ce qu’elle raconte : on est par­fois dans une humeur un peu néga­tive et obsé­dante dont on n’arrive pas à se sor­tir. Le clip de la chan­son est aus­si joli que la voix fine et pré­cise de l’interprète. »

10. Beth Gib­bons – Mys­te­ries

« Je me laisse sim­ple­ment faire par l’atmosphère oni­rique de ce mor­ceau et la voix de l’interprête, la chan­teuse du groupe Por­ti­shead. J’adore y reve­nir régu­liè­re­ment. »

Kidi Bebey

Kidi Bebey
Kidi Bebey

Auteure et jour­na­liste, Kidi Bebey écrit pour les petits, les moyens et les grands. Elle a notam­ment signé Mon royaume pour une gui­tare (pas­sé en poche chez Pocket), un roman fami­lial dans lequel elle retrace le par­cours de son père, le musi­cien Fran­cis Bebey.

Veuillez choisir comment vous souhaitez avoir des nouvelles du webmédia #AuxSons par Zone Franche:
Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.
En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.