18 février 2021
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Par Aziz Sahmaoui
#80
Playlist d’Aziz Sahmaoui

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#80

Plon­gez dans la Play­list d’A­ziz Sah­maoui, et ses com­men­taires sensibles !

 

1. Idir – A Vava Inouva

« Idir, la voix des magh­ré­bins. La magie des mélo­dies. Les belles his­toires. Les cou­leurs qui chantent la vie, qui affectent nos émo­tions, qui accom­pagnent nos expé­riences, qui nous aident à nous com­prendre et à dire qui nous sommes. »

 

2. Smo­kie – Don’t Play Your Rock ‘n’ Roll To Me

« C’est incroyable com­ment une idée peut nous habi­ter, nous influen­cer. Une image ou une mélo­die peut nous suivre toute une vie. Être sen­sible au son d’un ins­tru­ment… L’as­so­cier à la nature, au vent, à la lumière, à l’obs­cu­ri­té, au silence, à l’a­mour, à l’es­poir et le par­ta­ger. »

 

3. Pink Floyd – Shine On You Cra­zy Diamond 

« C’est une cou­leur puis­sante, brillante, et avec une éner­gie inté­rieure qui nous fait tra­ver­ser le temps sans peur, avec humi­li­té et grâce. On se sent léger et on se vola­ti­lise dans l’es­pace. On aime ça. Une caresse de l’âme. Une pro­messe d’a­ven­ture et de belles ren­contres pour un équi­libre par­fait. Loin de la matière. »

 

4. Hab­bab Tema­ra – Khar­bou­sha

« Dans la culture musi­cale tra­di­tion­nelle magré­bine réside un savoir com­plexe. Elle donne du fil à retordre à ceux qui veulent la com­prendre et jouir de son pou­voir. Cette trans­mis­sion se fait sou­vent dès le plus jeune âge. Elle pro­cure en même temps le plai­sir d’in­dé­pen­dance et de liber­té. Une vita­li­té indi­vi­duelle dif­fi­cile à sai­sir mais qui se par­tage bien dans le quo­ti­dien. La volon­té de s’é­loi­gner de la réa­li­té. Elle repré­sente le sen­ti­ment, l’es­prit et la force. Vous êtes dans vos idées sans être influencé.

 

5. Maes­tro Vale­ry Ger­giev – Sche­he­re­zade. Sym­pho­nic Suite, Op. 35

« La transe des cordes. La transe de l’har­mo­nie et des sons com­bi­nés. Une transe calme qui invite à réflé­chir, à suivre, à res­ter concen­tré. Un lan­gage divin aux cou­leurs de l’é­ter­ni­té, du pou­voir, de la splen­deur des céré­mo­nies et des célé­bra­tions. C’est la repré­sen­ta­tion de la confiance, de la séré­ni­té. C’est l’empreinte du défi qui dure dans le temps. »

 

6. Mka­dam Mr Gani Mbark et l’as­so­cia­tion Alwiam – Mousm Ism­gane Boutchakat

« Un par­tage simple et direct au sein de la grande famille des Gna­wa Ism­gane. Une invi­ta­tion à vibrer aux sons des tam­bours et à écou­ter leur véri­té. À être pos­sé­dé par un uni­vers qui tra­verse l’in­vi­sible et vous fait voya­ger à tra­vers le temps. Un appel à l’u­nion, à la ren­contre. L’im­pro­vi­sa­tion fait par­tie de la fête. Un ordre dans l’im­pré­vi­sible. Une hyp­nose fes­tive qui ras­semble sous le ciel d’as­pects dif­fé­rents. Des cou­leurs, de la joie mais aus­si de l’af­fron­te­ment de ce que nous avons depuis long­temps mis de côté : Les ombres, les doutes, les confu­sions et les pen­sées impas­sibles. Des mélo­dies ensor­ce­lantes et un groove qui libère l’âme tour­men­tée. » 

 

7. Bob Mar­ley – Afri­ca Unite

« Bob Mar­ley. Bur­ning Spear. Peter Tosh… Entre le ska, la contes­ta­tion poli­tique et sociale. L’in­fluence du reg­gae sur le rock. Il repré­sen­tait les oppri­més. Mon­dia­le­ment connu dans les années 1970. C’é­tait magique comme ce fut le cas pour le groupe Nass El Ghi­wane au Maroc qui – en plus des textes enga­gés – pui­sait dans l’art des Gna­wa. Le reg­gae est d’une cou­leur puis­sante et sans illu­sion.  C’est la cou­leur qui nous donne le sen­ti­ment d’être dur, exi­geant et déterminé. » 

 

8. Joe Zawi­nul – Boo­gie Woo­gie Waltz

« Une liber­té d’ex­pres­sion musi­cale insé­rée dans un gros moteur où l’en­du­rance est de rigueur.  S’a­mu­ser dans l’es­pace. Prendre de la vitesse. Ralen­tir et res­ter tou­jours concen­tré. Répondre à un lan­gage musi­cal entre musi­ciens dans l’é­ter­nelle l’im­pro­vi­sa­tion. Être prêt à agir et ne pas faire attendre, trai­ter la demande ins­tan­ta­né­ment. Ne pas perdre le temps. Aimer la scène et la res­pec­ter. Un pacte jus­qu’à la fin avec les ministres de l’invisible. » 

 

 9. Dave Bru­beck – Take Five

« Les clas­siques qui chantent l’ins­tant qui dure. Mettre tout le monde d’ac­cord avec ou sur un rythme à 5/4 et la musique trône sur le siège de la liber­té. S’exer­cer, nour­rit l’es­prit et réveiller le corps. »

 

10. Gil­ber­to Gil – Toda Meni­na Bahiana

« Le facile inac­ces­sible. Une musique qui fait rêver. Une musique enri­chie de culture afri­caine, dans laquelle on se sent bien. Elle nous parle. Elle invite à la réflexion. Elle est aus­si fes­tive et donne accès à diverses formes d’ex­pres­sion. Elle rap­pelle les fameux car­na­vals bré­si­liens. La bos­sa nova. La sam­ba qui fait par­tie de l’i­den­ti­té natio­nale brésilienne… » 

Aziz Sahmaoui

Playlist d'Aziz Sahmaoui
© Thomas Dorn

La vie du musi­cien Aziz Sah­maoui aurait pu se résu­mer à co-fon­da­teur de L’ONB ( orchestre natio­nal de Bar­bès) ou encore musi­cien au coté de Joe Zawi­nul , ou encore l’un des meilleurs joueur de Gam­bri … Ajou­tons qu’il est aus­si fon­da­teur de l’University Of Gna­wa, voi­là main­te­nant  dix ans. L’occasion rêvée pour révi­ser la dis­co­gra­phie du groupe avec un best-of anni­ver­saire. En 13 titres (dont cer­tains réen­re­gis­trés ou inédits), ce best-of résume une décen­nie d’aventures musi­cales, de l’Atlas maro­cain aux scènes mondiales.

Le groupe a tou­jours eu une double ambi­tion : ravi­ver le patri­moine et appor­ter un sup­plé­ment d’âme à la moder­ni­té. Son inter­pré­ta­tion du clas­sique Sou­da­ni ya yem­ma qui ouvre depuis tou­jours les concerts de l’U­ni­ver­si­ty, l’illustre par­fai­te­ment. Les inno­va­tions de ce titre sont nom­breuses : le Ngo­ni, ins­tru­ment man­dingue, est détour­né par Aziz et joué à la manière du Gum­bri, dont les sono­ri­tés s’accordent par­fai­te­ment avec la basse groo­vy d’Alune. Quant à la kora du très talen­tueux Cheikh Dial­lo, on croi­rait le titre com­po­sé pour elle. L’ar­ran­ge­ment d’Aziz est magis­tral, le groove d’une redou­table effi­ca­ci­té, le cres­cen­do agit comme un élec­tro­choc. La même audace s’entend dans le clas­sique et vita­mi­né Ana Hayou qui clô­ture sou­vent les concerts, avec le solo hen­drixien d’Hervé Samb, un des gui­ta­ristes les plus talen­tueux d’A­frique. Le groupe a réen­re­gis­tré un de ses clas­siques, Lawah-Lawah, dans une ver­sion live et encore plus groo­vy grâce au duo d’enfer Jon Grand­camp (bat­te­rie) et Adhil Mir­gha­ni (per­cus­sions). Dans un registre dif­fé­rent, Alf hilat est ins­pi­ré du “Chaa­bi” algé­rois, la musique popu­laire de la Cas­bah. Aziz garde cer­tains élé­ments du style d’o­ri­gine, mais il va éga­le­ment appor­ter des élé­ments plus contem­po­rains comme les har­mo­nies vocales, chan­tées entre autres par les magni­fiques voix d’Alune et de Cheikh. On retrou­ve­ra enfin Fir­dawss, un titre à part dans la dis­co­gra­phie du groupe. Avec ses volutes d’arrangements sub­tils, ses cordes, ses har­mo­nies mélan­co­liques et son magni­fique solo de flûte, cette chan­son s’élève et réchauffe comme les étin­celles au-des­sus d’un feu de camp.

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