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2 septembre 2021
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Par Sona Jobarteh
#107
Playlist de Sona Jobarteh
#107

Si dans sa play­list, Sona Jobar­teh salue l’excellence de l’Etasunienne artiste néo-soul India.Arie, elle rend sur­tout hom­mage à la magni­fique diver­si­té des sen­si­bi­li­tés musi­cales africaines.

Natu­rel­le­ment la musique man­dingue, dont elle par­tage la culture, est à l’honneur. On retrouve la voix unique du Gui­néen Sékou­ba Bam­bi­no (Bem­beya, Afri­can­do) et les artistes maliens sont en nombre. Le chan­teur et gui­ta­riste Habib Koi­té et son groupe Bama­da, le maître de kora Bal­la­ké Sis­so­ko, le bala­fo­niste Néba Solo ou la diva Oumou San­ga­ré et son évo­ca­tion admi­ra­tive des chas­seurs bam­ba­ra, démontrent s’il en était encore besoin, la richesse de ses tra­di­tions intem­po­relles. Excep­tion­nels aus­si le chant de Concha Bui­ka et sa copla jaz­zy qui marie avec duende l’Afrique de ses ori­gines équa­to­gui­néennes au saveurs sonores de sa terre natale ibé­rique ou la pro­fon­deur de l’au­teure-com­po­si­trice inter­prète d’origine cap­ver­dienne Sara Tavares.

Quant au mou­ride séné­ga­lais Cheikh Lô avec Doxan­deme et l’influent chan­teur congo­lais Lokua Kan­za avec Nako­zon­ga, ils donnent leurs voix récon­for­tantes aux Afri­cains immigrants.

1. Sara Tavares – Balance

2. Sekou­ba Bam­bi­no – Mbam­bou

3. Oumou San­gare – Don­so

4. Neba Solo – Saba­bou

5. Lokua Kan­za – Nako­zon­ga

6. India Arie – Moved By You

7. Habib Koi­té – I Ka Barra

8. Concha Bui­ka – Men­ti­ro­sa

9. Bal­la­ké Sis­so­ko – Mai­mou­na

10. Cheikh Lo – Doxan­deme

Sona Jobarteh

Sona Jobar­teh appar­tient à l’une des plus impor­tantes familles de griots, joueurs de kora d’Afrique de l’Ouest. Son grand père Ama­du Ban­sang Jobar­teh, fut l’un des musi­ciens ico­niques de l’histoire de la Gam­bie, son oncle Sidi­ki Dia­ba­té est recon­nu comme le joueur de kora le plus influent du siècle pas­sé et son cou­sin n’est autre que Tou­ma­ni Dia­ba­té, le vir­tuose de la harpe man­dingue le plus applau­di sur les scènes du monde. Née à Londres d’un père gam­bien et d’une mère anglaise, Sona pos­sède une double culture musi­cale. Elle fut ini­tiée à la kora par son frère Tunde Jun­gede et sui­vit un ensei­gne­ment de musique clas­sique occi­den­tale au Royal Col­lège of Music de Ken­sing­ton puis à la Pur­cell School of Music. Elle y a apprit la com­po­si­tion et la maî­trise du pia­no, du vio­lon­celle ou du cla­ve­cin. Elle a aus­si maî­tri­sé en auto­di­dacte le jeu de la gui­tare, mais dans son cœur, ce sont les vingt et une cordes de la kora qui résonnent avec le plus d’intensité.

Dans la socié­té man­dingue l’instrument ne peut être joué par des femmes, mais le tabou vaut sur­tout pour les céré­mo­nies de mariages ou de bap­têmes et rien n‘empêche Sona de jouer le réper­toire tra­di­tion­nel sur les scènes du monde.

Sa propre musique évo­lue en équi­libre avec les deux cultures qui la consti­tuent, ses chan­sons reflètent ses pré­oc­cu­pa­tions sociales. Acti­viste elle repré­sente la Gam­bie à l’Organisation Mon­diale du Com­merce et a créé à Ban­jul une école de musique pour ensei­gner les ins­tru­ments tra­di­tion­nels aux jeunes musi­ciens de son pays paternel.

Sona Jobar­teh a enre­gis­tré deux albums sous son nom Afro Acous­tic Soul (2008) et Fasiya (2011), com­po­sé la musique du docu­men­taire Mother­land (2010) et tour­né dans le monde entier. En mai der­nier, sa par­ti­ci­pa­tion au Fes­ti­val Musiques Métisse a été annu­lée par le Covid, mais elle est atten­due le 25 sep­tembre à la Seine Musi­cale (Paris).

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