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électro algérie
Rebelz x Between us - Hôtel Azul - à Staoueli, près d'Alger, juillet 2019

L’underground algérien… un projet ambitieux à connaître !

Dans la conti­nui­té du Focus « Brève his­toire de la musique élec­tro­nique en Tuni­sie », cet article s’ins­crit dans une série sur l’élec­tro au Magh­reb, à suivre !

 

Sur les hau­teurs d’Alger, le son des cais­sons de basse résonne jusqu’à la mer. La fête bat son plein sur le roof­top d’une mai­son de la Cas­bah. Sur la piste, il y a foule. Der­rière les pla­tines, on retrouve plu­sieurs DJs et pro­duc­teurs algé­riens de musique élec­tro­nique. En Algé­rie, plu­sieurs col­lec­tifs se sont don­nés pour mis­sion d’abattre les murs char­gés d’histoire et de codes sociaux qui cloi­son­naient jusque-là la scène musi­cale algérienne.

Pour racon­ter l’histoire de la bouillon­nante scène des musiques élec­tro­niques algé­riennes, on a pu ras­sem­bler cer­tains membres fon­da­teurs de ces col­lec­tifs, aux sons et aux dési­rs variés. Leur point com­mun : leur amour pour la musique, leur enga­ge­ment et leur envie de par­tage. A tra­vers eux, et leur tra­vail constant, une com­mu­nau­té jus­qu’a­lors épar­pillée, a su se trou­ver et se retrou­ver, sur inter­net et lors de soirées.

Un mou­ve­ment qui répond à ses propres règles et dynamiques…

Cette scène est en plein essor ces der­nières années, mais existe depuis les années 90, où Moh Tech­no et bien d’autres DJs fai­saient déjà décou­vrir au public la Tech­no et la House en boîte de nuit.

Aujourd’hui, l’histoire conti­nue essen­tiel­le­ment avec le lan­ce­ment du pro­jet Alge­rian Tech­no Move­ment en 2015, une conti­nui­té du pro­jet « Under­ground Artist Move­ment » ini­tié par DJ Bok­ko. Par­mi ses fon­da­teurs, on retrouve AKM, DJ et pro­duc­teur sous le nom 3abdelkader : « ATM c’est avant tout une com­mu­nau­té inter­gé­né­ra­tion­nelle, d’ici et d’ailleurs, pour l’éveil musi­cal et l’échange. » 

Par­mi les col­lec­tifs popu­laires, on compte aus­si l’équipe Bet­ween Us, fon­dée notam­ment par Hicham Sal­hi, DJ et pro­duc­teur, qui orga­nise une série d’é­vé­ne­ments sous dif­fé­rents for­mats à Alger. 

 

A l’ouest du pays, le col­lec­tif Rebelz ras­semble 7 DJs pas­sion­nés de tech­no, mini­mal et tech house. En 2016 et 2017, ils orga­nisent deux édi­tions du fes­ti­val Natu­ra­tek, qui ras­semblent la com­mu­nau­té de musique élec­tro­nique under­ground dans un domaine fores­tier de la région d’Oran. 

Tous par­tagent un même état d’esprit et un objec­tif unique : faire revivre la fête en Algé­rie et décons­truire les idées reçues et pré­ju­gés autour de l’univers élec­tro­nique. Leur démarche est spon­ta­née et ne copie aucun modèle éta­bli. L’Al­gé­rie n’é­tant pas un pays tou­ris­tique, l’influence de DJs étran­gers est moins impor­tante que dans le reste du Maghreb.

C’est sur­tout inter­net et les réseaux sociaux qui per­mettent à ces artistes d’échanger avec le public : « Sur inter­net, on se rend bien compte que les fans de musique élec­tro­nique sont nom­breux et sont deman­deurs de nou­veau­tés du nord au sud et de l’est à l’ouest. L’Al­gé­rie est un très grand pays, et il y a tou­jours des ini­tia­tives ponc­tuelles. Aujourd’­hui nous sommes mieux orga­ni­sés et plus struc­tu­rés, avec des col­lec­tifs, et des dif­fu­sions de nos pro­duc­tions qua­si quo­ti­diennes » nous dit AKM.

 

Faire avec les moyens du bord…

Mais le manque d’in­fra­struc­tures freine le déve­lop­pe­ment de la musique élec­tro­nique en Algé­rie. Outre les démarches admi­nis­tra­tives lourdes et les auto­ri­sa­tions com­pli­quées à obte­nir, il y a un réel manque de pro­fes­sion­na­li­sa­tion de l’organisation d’événements culturels.

Cette par­tie est com­plè­te­ment gérée par les col­lec­tifs d’ar­tistes, de la réser­va­tion de la salle à la concep­tion de la scène : « Ce qui nous a per­mis jusque-là d’organiser nos soi­rées, c’est que l’on est mul­ti-cas­quettes. On est à la fois artistes, tech­ni­ciens, agents de logis­tique, déco­ra­teurs, etc. Au-delà de la com­po­si­tion du line-up, il faut trou­ver une salle qui accepte d’accueillir ce type d’évènements. Il faut prendre en compte la contrainte du trans­port pour que le public puisse s’y rendre faci­le­ment. Il faut aus­si pré­voir la sécu­ri­té. Tous ces fac­teurs exté­rieurs peuvent être un vrai chal­lenge dans l’or­ga­ni­sa­tion », nous confie Hichem Sal­hi. La plu­part des évé­ne­ments sont finan­cés par les membres du col­lec­tif eux-mêmes. Leur prio­ri­té étant d’abord, cultu­relle et non lucrative.

Il existe un véri­table enjeu dans la créa­tion d’une struc­ture per­ma­nente : un lieu dédié à l’accueil de ces artistes. Une forme de repère et de sym­bole, pour toute la com­mu­nau­té, comme il en existe par­tout dans le monde, et qui per­met­trait d’inscrire ce cou­rant dans la vie cultu­relle du pays. « Le for­mat club­bing qui est le plus pré­sent, offre un espace assez réduit musi­ca­le­ment (généraliste/House) car trop guin­dé et sur­tout devant être ren­table et faire du pro­fit. Ces clubs ne cor­res­pondent pas à notre uni­vers » nous dit Adel Picas­so, DJ et orga­ni­sa­teur d’é­vé­ne­ments à Alger. 

 

L’avenir de la scène algé­rienne : Dou­ce­ment mais surement…

Lorsque l’on pose la ques­tion de l’avenir, on com­prend vite que l’enjeu est double. Au-delà de fédé­rer les amou­reux de ces musiques, il y a une réelle ambi­tion de faire éclore les talents bruts algériens.

« Il faut d’abord conti­nuer à déve­lop­per une tech­no 100% algé­rienne ». La com­po­si­tion est un exer­cice inté­res­sant pour tous ces DJs, puisque le réper­toire à dis­po­si­tion est extrê­me­ment riche : « En terme de rythmes, la musique folk­lo­rique Algé­rienne est un héri­tage inouï pour les DJs et les pro­duc­teurs. Beau­coup d’entre nous l’explorons et l’in­té­grons déjà dans nos uni­vers musi­caux, car cela fait par­tie de notre envi­ron­ne­ment. C’est en accord avec notre envie de créer sans copier » explique AKM.

Il s’agit ensuite d’offrir une vitrine aux pro­ta­go­nistes qui leur per­mette de par­ta­ger en conti­nu avec leurs fans. Sur inter­net, les col­lec­tifs sont très pro­duc­tifs, on y retrouve une abon­dance de tracks, et une dif­fu­sion régu­lière de pod­casts, ce qui reflète bien l’é­bul­li­tion de la scène actuelle. Le col­lec­tif c publie conscien­cieu­se­ment, sur Sound­cloud et Mix­cloud, un set heb­do­ma­daire de l’un de leur 7 DJs : « Nous n’a­vons pas man­qué une seule semaine ! Depuis deux ans, tous les jeu­dis, nous sommes au ren­dez-vous. Récem­ment, nous avons publié notre 100ème pod­cast, qui a réuni tous les membres du col­lec­tif, sur plus de 6 heures de direct, et ce n’est que le com­men­ce­ment » raconte le membre fon­da­teur Reda Doni. Autre exemple, le groupe Face­book Alge­rian Popu­lar Tech­no Move­ment, où se côtoient fans de musique élec­tro­nique, DJ et pro­duc­teurs, publie régu­liè­re­ment sur Sound­cloud, sous la série Tari­qa, des pod­casts 100% algériens. 

 

Si l’ambition est forte, les membres des col­lec­tifs algé­riens espèrent aus­si que les ins­ti­tu­tions cultu­relles locales faci­litent la concré­ti­sa­tion de leurs pro­jets, la lumière serait ain­si faite sur une contre-culture qui existe bel et bien en Algérie. 

« Notre but est sur­tout de pré­pa­rer le ter­rain pour les futures géné­ra­tions d’artistes, pour qu’ils ne galèrent pas comme nous, et qu’ils ne se décou­ragent pas. » AKM

Plu­sieurs noms se sont der­niè­re­ment fait remar­quer et connaissent un suc­cès consi­dé­rable, tels que Dark Mate, Inject 31, pour ne citer qu’eux.

 

Cette éner­gie constante engendre un bel espoir, et l’a­ve­nir de la scène under­ground semble prendre forme à tra­vers plu­sieurs pro­jets, qui sont en cours de réa­li­sa­tion. L’équipe Bet­ween Us nous a confié qu’ils pré­voyaient un pre­mier fes­ti­val under­ground en 2021. Les col­la­bo­ra­tions entre artistes et pla­te­formes de dif­fu­sion étran­gères se mul­ti­plient (comme la pla­te­forme pari­sienne DIGGR et RTS FM à Ber­lin), avec le sup­port de Djs comme Adel Picas­so et Idriss D, la sor­tie d’une com­pi­la­tion inédite de pro­duc­teurs algé­riens, dont nous enten­drons par­ler prochainement.

 

 

Cet article s’inscrit dans une série sur l’électro au Maghreb : 

« Brève his­toire de la musique élec­tro­nique en Tunisie »

« Les 90’s oubliées de la musique élec­tro­nique maro­caine »

 

 

Anset & Zzar 

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Anset et Zzar, c'est la fusion de deux associations artistiques parisiennes, nées d'une envie commune de partager et promouvoir les arts alternatifs berbères et arabes, du Maghreb au Mashrek (Moyen Orient). Anset et Zzar est le fruit d'une rencontre humaine et artistique portée par l'amour de la musique et de la culture alternative et indé. Parce que l'art est un langage universel, il raconte à qui voudra l'entendre la richesse de la culture nord africaine et moyen orientale, en initiant des rencontres entre DJs, musiciens, photographes, peintres et mélomanes. Notre ambition première, est de mettre en lumière ces artistes de la nouvelle vague, qui déconstruisent clichés et stéréotypes. Sous le prisme du collectif, Anset et Zzar s'associent pour proposer différents concepts et projets artistiques : Soirées électroniques, concerts et évènements acoustiques, expositions et performances visuelles, ateliers et résidences artistiques...

 

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