#AuxSons is a collaborative, militant and solidary web media

60 ans d’indépendance en musique : Prosper Mayélé, père de la musique centrafricaine

Le 13 août 1960 la Cen­tra­frique accède à l’indépendance. Depuis décembre 1958 le pays est déjà recon­nu comme une répu­blique grâce au tra­vail du pan­afri­ca­niste Bar­thé­lé­my Bogan­da qui mal­heu­reu­se­ment suc­combe à un acci­dent d’avion en 1959. Proche dans ses objec­tifs le doc­teur Abel Ngoum­ba lui suc­cède au poste de pre­mier ministre, mais, au moment de l’indépendance, l’administration colo­niale appuie un autre homme plus à même de ser­vir ses inté­rêts et c’est David Dacko qui devien­dra le pre­mier pré­sident de Cen­tra­frique. Il res­te­ra à ce poste jusqu’en 1965, époque à laquelle il se tourne vers la Chine ce qui pro­voque l’ire fran­çaise qui appuie alors le coup d’état du chef d’état major Jean Edel Bokas­sa de triste mémoire.

Hom­mage à Pros­per Mayélé

Mais reve­nons au moment de grâce de l’indépendance et à la musique qui lui sert de bande son.

Dans les années 50 les orchestres congo­lais règnent en maître dans toute la région. En 1954 l’African Jazz de Joseph Kabas­se­lé dit Grand Kal­lé vient inau­gu­rer à Ban­gui le club Rex. Son gui­ta­riste ryth­mique lui ayant fait défaut il engage un jeune gui­ta­riste cen­tra­fri­cain Pros­per Mayé­lé. La star congo­laise est à ce point séduite qu’elle lui pro­pose de l’intégrer à son groupe. Celui-ci décline l’offre, pré­fé­rant déve­lop­per sa car­rière dans son pays et contri­buer ain­si à son iden­ti­té musi­cale. Pros­per prend la tête d’un groupe fémi­nin char­gé de sou­te­nir les actions socio-poli­tiques de Bar­thé­le­my Bogan­da et monte le groupe Tro­pi­cal Jazz, pre­mier orchestre moderne natio­nal qui pren­dra le nom de Cen­tra­fri­can Band à l’indépendance. Ils jouent de la rum­ba, du cha cha cha, du mérén­gué, du mam­bo et de la varié­té internationale.

Pros­per Mayé­lé œuvre acti­ve­ment à la défense de la musique cen­tra­fri­caine et crée en 1962 le Grou­pe­ment Orches­tral de la Répu­blique Cen­tra­fri­caine pour défendre les droits des musi­ciens de son pays.

 

En Cen­tra­frique les alliances musi­cales semblent aus­si com­pli­quées que les affaires poli­tiques. En 1963 Mayé­lé se rap­proche du gui­ta­riste Rodolphe Bék­pa, se rebap­tise Vibro Mayos (nous vibrons avec la gui­tare de Mayé­lé), mais 6 mois plus tard la riva­li­té entre les deux hommes entraîne une scis­sion qui se mani­feste par la créa­tion de deux enti­tés. Rodolphe Bék­pa crée Vibros Suc­cès, qui dure jusqu’en 1988 et Pros­per Mayé­lé fonde le Cen­tra­fri­can Jazz et tra­vaille à la conso­li­da­tion des struc­tures pro­fes­sion­nelles de son pays jusqu’à son décès en 1997.

Vibro Suc­cès – Dou­nia

 

Please choose how you want to receive news from our online media platform #AuxSons by Zone Franche
You can use the unsubscribe link included in the newsletter at any time. Learn more about managing your data and your rights.