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Les Tiny Gigs à Beyrouth

Bei­rut Jam Ses­sions a été créé en Juin 2012 avec pour but prin­ci­pal de pro­mou­voir des artistes du Liban et du Moyen-Orient grâce à l’organisation de concerts, col­la­bo­ra­tions et jam ses­sions. Au cours des neuf der­nières années, l’équipe de Bei­rut Jam Ses­sions a tra­vaillé sans relâche pour enri­chir la scène moyen-orien­tale avec des col­la­bo­ra­tions inter­na­tio­nales aux­quelles des artistes fran­çais ont par­ti­ci­pé avec à l’affiche des artistes de renom comme, entre autres, ‑M-, Lewis Ofman, Papooz, Bro­ken Back, Ele­phanz, Adam Naas.

Ce pro­jet, diri­gé par Antho­ny Semaan, a contri­bué à l’évolution du pay­sage musi­cal au Moyen-Orient en offrant une scène alter­na­tive aux jeunes artistes et une pla­te­forme acces­sible pour un public avide à la recherche de nou­veaux talents.

Lorsqu’on lui demande de décrire sa pla­te­forme, Antho­ny Semaan offre une réponse simple : « Notre mes­sage et notre ambi­tion pour ce pro­jet n’ont pas chan­gé au cours des neuf der­nières années. Nous cher­chons à pro­mou­voir des talents de Bey­routh et à Bey­routh afin de mon­trer cette ville sous une autre lumière. Aujourd’hui, et mal­gré ce que la ville a pu vivre, nous nous bat­tons pour main­te­nir cette mis­sion pro­jet par pro­jet, aus­si petits ces der­niers soient-ils ».


La situa­tion au Liban

La crise sani­taire a mis le monde entier en pause. Au Liban, les crises poli­tiques et socio-éco­no­miques qui se sont sui­vies au cours des quelques der­nières années ont tout sim­ple­ment mis la crise du COVID-19 au second plan mal­gré des chiffres inquié­tants et des hôpi­taux n’ayant plus les moyens de soi­gner voire même rece­voir des patients.

La déva­lua­tion catas­tro­phique de la livre liba­naise, l’hyperinflation et l’inertie totale de la classe poli­tique ont mis le peuple liba­nais dans une situa­tion insou­te­nable. L’explosion du port de Bey­routh qui a dévas­té la ville, fait des morts, dis­pa­rus et détruit des mil­liers de foyers n’a fait que mettre en exergue la cor­rup­tion des diri­geants qui n’ont tou­jours pas accep­té la res­pon­sa­bi­li­té de cette catastrophe.

« Je fais par­tie de ces quelques chan­ceux. J’ai un emploi, je tra­vaille dur pour main­te­nir l’activité de la scène musi­cale, j’œuvre pour le chan­ge­ment autant que pos­sible, mais j’imagine que le monde va vite perdre inté­rêt pour ce Liban en lam­beaux. C’est de plus en plus dif­fi­cile pour nous d’imaginer une sor­tie de crise, mais j’essaie de res­ter opti­miste, de regar­der vers l’avant et de tra­vailler pour un ave­nir meilleur. » nous dit Antho­ny Semaan.

 

La scène locale et les Tiny Gigs de Bei­rut Jam Sessions

L’explosion du 4 Août 2020 a détruit une grande par­tie des espaces cultu­rels de Bey­routh. La pan­dé­mie et les confi­ne­ments suc­ces­sifs ain­si que la crise éco­no­mique n’ont fait que res­sor­tir la réa­li­té pré­caire des liba­nais en géné­ral mais aus­si des artistes. Pour contrer la moro­si­té ambiante et relan­cer les acti­vi­tés artis­tiques, Antho­ny Semaan a uti­li­sé la pla­te­forme et le réseau de Bei­rut Jam Ses­sions pour lan­cer un nou­veau concept : les Tiny Gigs. « Lors du pre­mier confi­ne­ment au prin­temps de 2020, nous avons lan­cé une série de concerts sur Ins­ta­gram. 160 artistes des quatre coins du monde ont don­né des per­for­mances uniques, rele­vant le moral d’un public qui ten­tait de com­prendre encore l’ampleur de la pan­dé­mie. Je me suis alors dit, alors que le Liban était en phase de décon­fi­ne­ment, qu’on pou­vait orga­ni­ser des micro-repré­sen­ta­tions tout en pre­nant les mesures de pré­cau­tion néces­saires, afin d’aider les artistes ain­si que les espaces cultu­rels à arron­dir leurs fins de mois. »

Ces concerts ont eu lieu sous dif­fé­rents formats ;

  • Un for­mat en live, où les artistes ont pu se repré­sen­ter dans plu­sieurs espaces bey­rou­thins affec­tés par l’explosion du port, tout en res­pec­tant la dis­tan­cia­tion sociale. Les artistes ont déci­dé du prix des billets, en pre­nant en compte la situa­tion éco­no­mique et sociale. Des artistes comme Twyn Towers, duo de choc for­mé par She­rif Megar­bane et Antho­ny Abi Nader qui impro­visent autour de sons afro-beat ou bien Vla­di­mir Kuru­mi­lian et Michel Bou Rjei­ly qui ont joué au MIM, magni­fique musée des miné­raux de Beyrouth.

 

  • Un for­mat en ligne, où des artistes liba­nais vivant à l’étranger se sont invi­tés sur les écrans de leur public. Encore une fois, le prix du billet a été déci­dé par l’artiste. Zeid Ham­dan a joué depuis Paris et Riwa Saab depuis Londres avec plus de 100 per­sonnes comme public virtuel.

D’autres pro­jets en vue ?

Dif­fi­cile de se pro­je­ter dans le contexte actuel mais Antho­ny Semaan garde son opti­misme : « On espère pou­voir orga­ni­ser plus de Tiny Gigs vir­tuel­le­ment ou en live si la situa­tion sani­taire le per­met. Mal­gré tout ce qui s’est pas­sé et les pro­blèmes que l’on affronte au quo­ti­dien, on sait com­bien la musique et les per­for­mances peuvent aider les gens, créer une échap­pa­toire, quoiqu’éphémère. »

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