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21 octobre 2021
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Par Scúru Fitchádu
#114
Playlist de Scúru Fitchádu
#114

Avant de propulser toute l’énergie de son électro funana aux accents punk sur la scène du Womex 21 à Porto, Marcus Veiga de Scúru Fitchádu commente quelques unes des influences qui accélèrent son rythme cardiaque et partagent son sens de la lutte sociale et anti-coloniale.

Des découvertes qui de la Morna au Funana, en passant par le Semba ou le Kuduru, dérident les traditions et les projettent avec fracas sur la scène des musiques actuelles en y mêlant électro, rap, métal, noise, ou punk.

 

1. Yugen Blakrok - Picture Box 

« Yugen Blakrok est une guerrière mystique de l’univers Wakanda (n’y voyez surtout pas une référence évidente à son morceau figurant dans la bande originale du film « Black Panther »). Yugen joue dans sa propre division, c’est une poète du plus haut niveau, elle peut facilement démonter n’importe quel rappeur en quelques mesures avec son flow, ses paroles et son talent. Je l’ai rencontrée à un festival en Espagne, et depuis, je la garde à l’œil. Quand nous avons parlé, elle m’a dit vivre à Barcelone et être originaire de Cape Town en Afrique du Sud. Sa proximité avec Lisbonne me donne pour sûr l’envie de recroiser son chemin dans le future. « Picture Box » rempli tous nos sens et tout chez Yugen Blakrok est sans faille… Hayibo Ubuntu ! »

2. Prétu feat. Tristany - A Luta Continua

« Prétu est un des rappeurs et parolier portugais les plus célébrés. Anciennement connu sous le nom de Chullage, Prétu est afro-descendant et il a choisi de suivre une nouvelle direction artistique sous l’auspice du célèbre essai de James Baldwin « I Am Not Your Negro ». Sous un prisme afro-futuriste, la chanson « A Luta Continua » dresse un parallèle direct entre la place du corps noir dans le contexte urbain et social actuel et les luttes armées de la révolution anti-coloniale pour la libération des forces impérialistes portugaises menées par Amílcar Cabral et d’autres importants révolutionnaires guerilleros africains. Une de mes plus grandes influences à mes débuts. »

3. Duma - Lionsblood 

« Du grindcore imposant allié au language électro et aux formules du sample et du looping. Duma ce sont de purs tueurs, un groupe dissonant du Kenya qui perce un peu partout en Europe au moment où je vous parle. C’est un métal dense, avec beaucoup de couches différentes, mais sans tous les clichés merdiques du métal occidental. Ils montrent qu’il y a de nouveaux chemins à défricher, qu’on peut créer ses propres règles, peu importe le champ de bataille. « Lionsblood » est une de leurs meilleures cartes de visite. »

4. Cachupa Psicadélica - Tornado Bispo 

« Cachupa Psicadélica, un Capverdien de Mindelo qui vit au Portugal depuis de nombreuses années, est déjà connu pour sa maîtrise de la composition et sa poésie très caractéristique. Etant passionné du rock de Seattle des années 90, et ayant grandit dans une aire fortement dominée par des artistes de Morna et de Coladera, il est allé à contre courant en alliant les formules classique des traditions et de l’oralité du Cap Vert avec la rugosité du grunge. « Tornado Bispo » est une chanson tirée de son troisième album « Pomba Pardal « qui illustre parfaitement cet heureux mélange. »

5. Nihiloxica - Bwola

« Nihiloxica est un groupe très lié aux formes percussive du continent mère, avec des membres venus d’Ouganga et deux membres anglais. Je les ai rencontrés à Turin dans un festival italien DIY. Sur scène, c’est un trip, ils sont capables de plonger le public dans une transe cathartique avec les rythmes qu’ils imposent via les percussions et les lignes de basse. Bwola ! »

6. Pongo - Kuzola

« L’Angolaise Pongo risque d’être une des meilleures artistes pop, sans l’intention d’être pop. Elle est une figure du Kuduru, présenté au monde grâce à Buraka Som Sistema dans la seconde moitié du 20e siècle. Mais l’approche de Pongo est différente de tout ce qui a pu être fait dans le Kuduru, qui aujourd’hui a été re-digéré et stylisé avec des influences niaises et mielleuses du continent américain. Pongo utilise les harmonies vocales traditionnelles d’Angola qui captivent par la simplicité de leurs lignes mélodiques. « Kuzola » est une explosion d’amour très directe. Alors que c’est une personne très sympa, elle devient une lionne turbulente sur scène. »

7. Petbrick - Trucker Fucker

« Petbrick est une boule de démolition à haute vitesse qui vous renverse dès la première seconde. Wayne Adams et le célèbre batteur brésilien Igor Cavalera (un des originaux de Sepultura, vivant à Londres depuis un an), sont des maîtres du noise. J’ai vu le groupe en live et… je me suis fait tabasser. Ils n’ont pas besoin de nombreux instruments pour que leur son en impose. Je me dynamite à base de Petbrick régulièrement et ils m’inspirent beaucoup. C’est ma chanson préférée, mettez-la à fond si vous osez ! »

8. Tristany - O Meninu Ke Brinkava Kom Bunekas

« Un des noms émergeant de la scène portugaise underground actuellement est Tristany, fils de musiciens Semba angolais. Il a surpris tout le monde avec son premier album « Meia Riba Kalxa », un mix de Soul, de Trap afro-futuriste, de Semba et de Gangsta Rap. C’est un artiste très conceptuel et ces chansons le montrent. Ce titre signifie « Le Garçon Qui Jouait Avec Des Poupées », ce qui pose immédiatement le débat dans un monde en mouvement. Tristany est un diamant brut qui se taille de jour en jour. »

9. Nazar - UN Sanctions

« Du Kuduru disruptif pour les esprits ouverts. Les parents de Nazar ont fuit la guerre civile angolaise. Il a pu trouver en Europe un espace pour ses sons, mais ces références sont les souvenirs qu’ils garde de son pays d’origine. C’est de la dance music rude, pas calibrée pour les discothèques, c’est industriel et chaotic, c’est addictif et névrosé, Nazar est violent. Point. 

Il raconte aussi des histoire à qui ose l’écouter. « UN Sanctions » fracasse votre porte d’entrée. »

10.  António Sanches / Julinho da Concertina / Tchota Suari - Diló

« La Funana capverdienne dans sa forme la plus originale, concertina, percussion et voix, avec la coopération de trois maîtres ! Cette chanson « Diló » est issue d’un album commun d’António Sanches, Julinho da Concertina et feu Tchota Suari. Chacun d’entre eux a aussi une immense carrière solo. C’est une de mes influences de base, une source où je m’abreuve constamment pour créer ma musique. »

Scúru Fitchádu

© Vera Marmelo
© Vera Marmelo

Scúru Fitchádu est un concept afro-futuriste féroce qui puise directement dans la culture capverdienne pour l'allier à une furieuse esthétique punk et une électro disruptive. Scúru Fitchádu accélère les rythmes cardiaques dans un contexte anti-colonial, social et urbain.

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