8 avril 2019
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Par Flavia Coelho
#4

Playlist de Flavia Coelho

Vu le contexte poli­tique actuel, j’ai pré­fé­ré pio­cher dans le pas­sé des titres qui ont mar­qué dif­fé­rentes époques du scé­na­rio socio-poli­tique bré­si­lien.”

Flavia Coelho

Fla­via Coel­ho a par­cou­ru tous les che­mins du monde. Depuis les mor­ros de Rio de Janei­ro aux rues pavés de Paris. La nomade est chez elle là où elle se sent accueillie. Son refuge est un nid douillet, un cocon de papillons, une chry­sa­lide faite stu­dio. Celui de Vic­tor-Atti­la Vagh, son pro­duc­teur. Un sanc­tuaire pari­sien, à l’abri du temps qui passe et du bruit qui court.

Au com­men­ce­ment, rien qu’une gui­tare et toute une vie en ban­dou­lière. Les amis, les amours, les ren­contres, les décep­tions, les bon­heurs et les trac­to­pelles d’espoirs et de rires. Ne pas attendre la beau­té du monde. L’inventer soi-même. Abra­ca­da­bra. Un nou­vel album est né. Son troi­sième : SONHO REAL.

Qu’y a-t-il de plus beau qu’un mirage réel ? L’artiste en sait quelque chose, chaque concert est un moment de magie, de com­mu­nion entre les humains, un ins­tant sus­pen­du où les bar­rières s’effondrent et les coeurs s’accouplent. Puis les lumières s’éteignent et le fra­cas du monde reprend ses droits. Pour­tant, tout cela a exis­té. C’est cette convic­tion que tout chan­ge­ment est encore pos­sible qui pousse Fla­via à se trans­cen­der par la musique, à offrir au monde ce qu’il recherche : l’harmonie. La musique est faite de cette alchi­mie. Elle est imma­té­rielle, une vibra­tion cos­mique qui se déplace dans l’air : des touf­feurs cani­cu­laires aux brises gla­ciale, elle résonne sous toutes les lati­tudes. Ça, Fla­via le sait aus­si. Son chant a réson­né des rades aux abris-bus, des cafés-concert aux plus grands fes­ti­vals du monde. Abra­ca­da­bra. Elle a trou­vé sa baguette magique. Ne s’en sépare plus.

SONHO REAL, son troi­sième album est incan­des­cent comme un coup de foudre, urgent comme une envie d’exister. Elle déploie son être et déplie son âme. Une impres­sion de voyage nous sai­sit à chaque titre. Les mélo­dies sont solaires, toute en légè­re­té. Tou­jours dan­santes. On y trouve des sen­teurs de for­ro et des par­fums de rag­ga, la fré­né­sie des rythmes ska et la non­cha­lance du dub reg­gae. Les 14 titres de l’album se suc­cèdent, s’enchaînent, s’imbriquent, et fina­le­ment s’écoutent d’une traite, comme on boit un grand verre de lait frap­pé. Les nappes de cuivres, les gui­tares, les cla­viers, les per­cus­sions, les bat­te­ries, les basses et l’accordéon se fondent dans un tout d’une cohé­rence réflé­chie, ren­for­cée par le tra­vail sub­til du mix concoc­té par Vic­tor-Atilla Vagh, qui réus­sit à faire briller les ins­tru­ments d’un son à la fois moderne et vin­tage. Tout cela au ser­vice des choeurs et de la voix de Fla­via : char­nelle, joyeuse, par­fois enfan­tine.

Et pour­tant… Il y a quelque chose du sau­dade dans les textes de Fla­via. Sau­dade, ce mot intra­dui­sible. Ni tris­tesse, ni bon­heur. Ce serait trop simple les cases, les tiroirs et les éti­quettes. Fla­via les a tou­jours déjoués, pul­vé­ri­sés. Elle est une femme plu­rielle. Irri­guée de tant de fleuves et de confluents qu’elle embrasse le monde. Elle est un doux mélange de tout ce qui la consti­tue. Et quand ce monde ne lui convient plus, Fla­via en réin­vente un. Dans son rêve réel (SONHO REAL), le Para­dis (Parai­sio) est peu­plé de voix si proches et éloi­gnées qu’elles l’envolent vers de loin­taines galaxies où elle ren­contre la Femme (Mul­her), l’éternelle, l’intemporelle, la grande soeur (Lei­di) celle qui affronte la vie et ses tem­pêtes, une femme à laquelle on vou­drait res­sem­bler, celle qui avance un pas par jour, un pas tous les jours. Dans son rêve réel (SONHO REAL), la Fave­la (Na Fave­la) est aus­si un lieu de bon­heurs simples où quan­ti­té d’histoires naissent dans les petites ruelles, par­fois s’arrosent de bière, se règlent en quatre-vingt-dix minutes, le temps d’un match de foot­ball autour d’un bar­be­cue, et où les diseuses de bonne aven­ture pro­mettent une vie pure (Pura Vida), loin des car­cans et du train-train quo­ti­dien.

Dans son rêve réel (SONHO REAL), Fla­via trans­forme les pertes, les souf­frances et les échecs en forces, les recycle (Nada Per­di) pour en faire une éner­gie d’avenir, elle exhorte à se réveiller (Se Ligue) pour évi­ter de s’endormir sur nos pri­vi­lèges, nos conforts et nos cer­ti­tudes.

Fla­via a l’élégance de clô­tu­rer son album par une pre­mière fois, comme pour nous lais­ser entre­voir de nou­veaux hori­zons : elle chante en fran­çais (Temon­tou, com­prendre « tu es mon tout »). Les inflexions de son accent bré­si­lien nous fondent à l’oreille comme le sucre en bouche. « L’air que je res­pire est plus doux quand tu es dedans », dit-elle. On s’imaginerait presque que ce « Tu » ano­nyme est une adresse cachée à La musique. Son grand amour !

Gaël Faye

 

Mana­ge­ment : vaghv@yahoo.fr

Boo­king : christian@blueline.fr

Pro­mo [PIAS] : +33 1 44 53 71 33

Label France : capucine.sag@pias.com

Label Inter­na­tio­nal : claire.morel@pias.com

 

Cré­dit pho­to : © Vic­tor Del­fim

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