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Adieu Idir, petit papa chéri de la culture kabyle.

Triste semaine qui, à deux jours d’intervalle, emporte deux artistes parmi les plus emblématiques de l’âme africaine. Le Nigérian Tony Allen a définitivement rangé ses baguettes jeudi 30 avril et Idir, « le petit papa chéri » des kabyles pour faire allusion à sa chanson la plus célèbre «  A Vava Inouva », a perdu sa bataille contre une fibrose pulmonaire dans la soirée du samedi 2 mai.

A Vava Inouva

 

C’est à A Vava Inouva, que Hamid Cheriet doit sa carrière. En 1973 celui qui se destinait à devenir géologue remplace au pied levé, avec cette chanson, une chanteuse défectueuse lors d’une émission sur Radio Alger. Sa mélodie imparable, son texte, qui raconte le dialogue entre un père et sa fille apeurée par l’ogre de la forêt, décrivent la vie et les traditions du monde kabyle avec une telle sensibilité que A Vava Inouva devient un hymne rapidement partagé par tout un peuple. Ìdir délaisse alors son microscope au profit d’un microphone et s’installe en France.

Chanteur de salles toujours combles, Idir n’a réalisé qu’une poignée d’albums durant sa carrière. Son aura de représentant de l’identité kabyle et la sagesse de son engagement pour la défense des minorités ne faibliront jamais.

Le sociologue Pierre Bourdieu disait de lui : « Ce n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famille. » Génération après génération les familles kabyles ont transmis ses chansons et des artistes de tous les horizons se sont reconnus dans l’universalité de son combat.

En 1999 l’album Identités réunit Manu Chao, Dan Ar Braz, Maxime Le Forestier, Gnawa Diffusion, Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema ou l’Orchestre National de Barbès à ses côtés.

En 2007, au moment des élections présidentielles françaises son disque, « La France des Couleurs » est un plaidoyer pour la diversité que viennent appuyer les voix de Féfé (Saïan Supa Crew), Tiken Jah Fakoly, Noa ou Akhenaton (IAM). C’est aussi l’occasion pour Idir de présenter sa fille Tatiana, qui compose une musique des plus touchantes sur un texte de Grand Corps Malade « Lettre à ma Fille ».

En 2017, Tanina est aussi présente sur le dernier album d’Idir, au piano ou dans les chœurs magnifiques de la Corrida de Cabrel. Ici et ailleurs est une suite de duos avec des ténors de la chanson française (Aznavour, Cabrel, Lenormand, Le Forestier, Salvador, Bruel, Tryo ou Lavilliers) dont Idir a adapté et traduit des standards en kabyle.

La Kabylie vient de perdre un de ses héros, la chanson française est aussi en deuil et les défenseurs de la diversité culturelle rendent hommage à l’un de leurs plus bels exemples.

L’enregistrement de Ici et Ailleurs

 

© photo : Patrick Swirc

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