La musique jamaïcaine perd Johnny Nash et Bunny Lee

Triste semaine pour la musique jamaï­caine qui voit dis­pa­raître deux de ses pion­niers à 24 heures d’in­ter­valle : John­ny Nash et  Bun­ny ‘Stri­ker’ Lee. John Les­ter Nash Jr. est décé­dé de causes natu­relles à son domi­cile de Hous­ton le 6 octobre à l’âge 80 ans. Bun­ny Lee, de son vrai nom Edward O’Sullivan Lee, s’est éteint le 7 octobre à 79 ans, après 6 mois d’hospitalisation en lien avec le dia­bète dont il souf­frait.

Né à Hous­ton au Texas, John­ny Nash était chan­teur, com­po­si­teur, paro­lier, mais aus­si acteur et co-fon­da­teur des labels Cay­man Music et JAD Records.

John­ny a com­men­cé à chan­ter dans un choeur d’église, avant de pro­duire son pre­mier album à  18 ans. En 1965, il démé­nage en Jamaïque et devient le pre­mier chan­teur non-jamaï­cain à enre­gis­trer à King­ston. Avec son mana­ger Dan­ny Sims, ils fondent Cay­man Music et JAD Records et signent Bob Mar­ley, Peter Tosh, Bun­ny Wai­ler et Rita Mar­ley. Il contri­bua à faire connaitre Bob Mar­ley en dehors de la Jamaïque.

Les Wai­lers viennent de lui rendre hom­mage : « Nous sommes très tristes d’apprendre la dis­pa­ri­tion d’une véri­table légende, John­ny Nash. Un frère amé­ri­cain avec une âme jamaï­caine, qui a aidé à dif­fu­ser le reg­gae au Royaume-Uni et dans le monde dans les années 70. Que son héri­tage per­dure par sa musique. »

 Chez JAD Records, il enre­gistre le titre rock stea­dy Hold Me Tight. Sa chan­son reg­gae I Can See Clear­ly Now issue d’un album de 1972 est deve­nu un tube aux Etats-Unis et a été reprise par Jim­my Cliff en 1993 pour la bande ori­gi­nale du film Cool Run­nings (Ras­ta Rocket).

 

Le label Tro­jan Records a éga­le­ment adres­sé ses condo­léances : « Nous sommes attris­tés d’apprendre la dis­pa­ri­tion du chan­teur et com­po­si­teur John­ny Nash. Une des héros les plus inat­ten­dus de la musique jamaï­caine, John Les­ter ‘John­ny’ Nash Jr, a eu une car­rière pleine de suc­cès en tant que chan­teur pop aux Etats-Unis avant d’introduire le son du rock stea­dy à un public mon­dial. Nos condo­léances vont à ses amis et à sa famille. »

 

Bun­ny “Stri­ker” Lee était l’un des plus impor­tants pro­duc­teurs jamaï­cains. Sur­nom­mé “Stri­ker” pour son incom­pa­rable capa­ci­té à impo­ser des tubes, Bun­ny Lee a dura­ble­ment mar­qué l’histoire de la musique jamaï­caine.

Il débute dans l’in­dus­trie musi­cale comme record plug­ger pour Duke Reid et Les­lie Kong, char­gé de pla­cer leurs der­nières pro­duc­tions sur les radios jamaï­caines. En 1967 Bun­ny Lee devient le pro­duc­teur atti­tré du label W.I.R.P (West Indies Recor­ding Limi­ted).

L’in­fluence de Bun­ny Lee sur le reg­gae roots et sur le dub passe notam­ment par le backing-band qu’il avait réuni pour les enre­gis­tre­ments des artistes qu’il pro­dui­sait. Le groupe The Aggro­va­tors ras­sem­blait au Stu­dio Chan­nel One les musi­ciens les plus emblé­ma­tiques de King­ston : Aston “Fami­ly­man” Bar­rett, Carl­ton Bar­rett, Sly Dun­bar, Rob­bie Sha­kes­peare, Lloyd Parkes, Carl­ton Davis, Tom­my McCook, Vin Gor­don, Bob­by Ellis, Len­nox Brown, Wins­ton Writght, Ber­nard Har­vey, Ansell Col­lins, Earl ‘Chin­na’ Smith, Willie Lin­do, Skul­ly ‘Zoot’ Simms.

La liste des grands artistes jamaï­cains des années 60 et 70 qui ont tra­vaillé avec lui est longue : King TubbyCor­nell Camp­bellJohn HoltSlim Smith, Lin­val Thomp­son, Leroy Smart, ou encore Bar­ry Brown pour ne citer qu’eux…

C’est aus­si Bun­ny Lee qui révé­la le flying cym­bal style, avec John­ny Clarke et son titre None shall escape the jud­ge­ment.

 

Pour en savoir plus l’ap­port de Bun­ny Lee à la musique jamaï­caine un docu­men­taire de 2013 lui est consa­cré :  I am the Gor­gon.

 

 

 

© pho­to : Nico­las Ray­mond, crea­tive com­mons attri­bu­tion 3.0

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