Disparition du photographe Bill Akwa Bétoté

Bill Akwa Béto­té vient de perdre son long com­bat contre le can­cer. Sa longue sil­houette, son regard vif et brillant d’humanité, ses grands rires et sou­rires et son humour géné­reux vont ter­ri­ble­ment man­quer à la grande famille de ceux qui défendent et appré­cient les musiques de l’ailleurs et qui ont eu le plai­sir de le croi­ser.

Appa­reil pho­to en ban­dou­lière, le grand Bill est arri­vé du Came­roun à Paris en 1972. Pas­sion­né de musiques il s’est vite retrou­vé à témoi­gner d’abord des échanges sonores des com­mu­nau­tés de son conti­nent, avant de deve­nir l’œil acé­ré de l’évolution des musiques d’Afrique et du monde. Dans l’hommage que son alter égo et com­plice Frank Tenaille vient de lui rendre sur les réseaux sociaux il indique qu’ils ont assis­té à plus de 30 000 concerts, crayon et boî­tier pho­to­gra­phique aux aguets.

Por­trait de Bill Akwa Béto­té pré­sen­té par Soro Solo

 

Bill a tra­vaillé pour d’innombrables sup­ports média­tiques de la presse dédiée à l’Afrique, aux quo­ti­diens, heb­dos ou men­suels géné­ra­listes en pas­sant bien sûr par les maga­zines musi­caux tant du monde que d’autres esthé­tiques.

Il laisse un nombre incal­cu­lable de cli­chés qui racontent l’histoire de ces musiques sur près de cinq décen­nies, mais aus­si d’œuvres per­son­nelles ori­gi­nales et sur­pre­nantes.

Son expo « Paris 80 “Pul­sa­tions“ » est visible au Rocher de Pal­mer à Cenon jus­qu’au 30 octobre.

Soi­rée Black Fee­ling avec Papa Wém­ba à l’Opéra Night, Paris, 1984 © Bill Akwa Betote
Fela et Femi Kuti au Cap­tain Vidéo Paris 1981 © Bill Akwa Betote

 

Ces der­nières années il avait mul­ti­plié les expo­si­tions thé­ma­tiques, comme cette expo­si­tion « Mélo­dies de femmes » ou « Les femmes dans les musiques du monde » pro­duite pour le fes­ti­val Rio Loco à Tou­louse, visible jusqu’en décembre au Chan­tier à Cor­rens.

Dia­po­ra­ma de son expo­si­tion Mélo­die de Femmes

 

Pour para­phra­ser l’écrivain malien Ama­dou Ham­pâ­té Bâ on peut dire qu’a­vec la dis­pa­ri­tion de Bill Akwa Béro­té c’est une média­thèque qui vient de brû­ler, mais espé­rons que ces coffres forts étaient effi­ca­ce­ment igni­fu­gés.

Dans un futur plus ou moins proche, selon la liber­té que nous lais­se­ront les mesures sani­taires actuelles, un hom­mage public lui sera ren­du.

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