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Angelique Ionatos ©Thomas Dorn

Angélique Ionatos part trop tôt

La chan­teuse d’origine grecque à l’univers clair-obs­cur s’est éteinte mer­cre­di 7 juillet aux Lilas à la fron­tière de Paris, elle n’avait que 67 ans.

Née à Athènes, la poé­sie de son pays la mar­que­ra à vie. Mi tra­gique, mi lumi­neux, son chant n’avait pas d’âge. Elle a connu l’exil dès l’instauration de la dic­ta­ture mili­taire en 1967 qui pous­sa sa famille à s’installer à Liège en Belgique.

Bou­le­ver­sée par la musique de son com­pa­triote Míkis Theo­dorá­kis, Angé­lique Iona­tos scel­la son des­tin de chan­teuse après l’un de ses concerts. Ce denier lui confie­ra plus tard l’interprétation d’une de ses œuvres (Mia Tha­las­sa, 1995).

En 1972, en col­la­bo­ra­tion avec son frère Pho­tis, elle enre­gistre Résur­rec­tion. Un pre­mier album pri­mé par l’Académie Charles Cros qui enté­rine sa professionnalisation.

Après ses débuts en langue fran­çaise, elle s’installe à Paris en 1981. La chan­teuse s’engage en poé­sie, inter­pré­tant de grands textes de sa patrie d’origine, mais aus­si ceux d’Anna de Noailles, Pablo Neru­da, Gio­van­na Mari­ni, Léo Fer­ré ou de poètes contem­po­rains tel le prix Nobel de lit­té­ra­ture, Odys­séas Elý­tis, qu’elle per­sua­da de la lais­ser adap­ter cer­tains de ses plus beaux textes.

En 1992, en duo avec Nena Venet­sa­nou, l’album Sap­pho de Myti­lène lui apporte un nou­veau grand prix de l’académie Charles Cros.

Musi­ca­le­ment elle se situait à la jonc­tion des tra­di­tions popu­laires grecques, argen­tines ou du fla­men­co et des musiques clas­siques ou contemporaines.

Pou­vant être drôle ou légère, elle était sur­tout tra­gé­dienne et reven­di­quait l’héritage des lamen­ta­tions funèbres (thènes) des femmes antiques.

Ces nom­breux concerts et albums (Reste la lumière est le der­nier qu’elle publia en 2015) ont mar­qué à vie de nom­breux spec­ta­teurs et ses par­te­naires ; Cesar Stros­cio, Kate­ri­na Foti­na­ki, Hen­ri Agnel ou Gas­pard Claus ; ou les nom­breux pro­fes­sion­nels qui l’ont accom­pa­gnée, sont aujourd’hui inconsolables.

Angé­lique Iona­tos chante Sappho

 

Pho­to © Tho­mas Dorn

 

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