La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes – en musique !

pho­to : Star Femi­nine Band, au Bénin, de gauche à droite : Anne, San­drine, Grace, Angé­lique, Mar­gue­rite, Urrice et Julienne – © Born Bad Records

A l’oc­ca­sion de la Jour­née inter­na­tio­nale pour l’é­li­mi­na­tion de la vio­lence à l’é­gard des femmes, ce 25 novembre 2020, #Aux­Sons tire le por­trait de deux groupes qui militent dans ce sens : Les Ama­zones d’A­frique et le Star Femi­nine Band !

« Plus jamais, le silence, la vio­lence. Je veux vivre et être libre. » Les Ama­zones d’Afrique

Les Ama­zones d’Afrique pré­sentent cette année le nou­vel album Ama­zones Power, après le suc­cès de leur pre­mier album, Répu­blique Ama­zone, sor­ti en 2017. Les racines de ce super-groupe fémi­nin pan­afri­cain remontent à 2014, quand trois stars de la musique et acti­vistes du chan­ge­ment social maliennes – Mama­ni Kei­ta, Oumou San­gare et Mariam Doum­bia (éga­le­ment membre du duo légen­daire Ama­dou & Mariam) entament une conver­sa­tion sur l’égalité des sexes avec Valé­rie Malot (direc­trice de l’agence de booking/créative 3D Fami­ly). « Nous nous sommes ren­dues compte que la répres­sion des femmes, sur le conti­nent et à tra­vers le monde, était quelque chose qui tou­chait vrai­ment toutes les femmes, se rap­pelle Valé­rie Malot. Ce n’est pas une ques­tion de cou­leur ou de culture. C’est quelque chose de géné­rique. Toutes les femmes peuvent s’y recon­naître. »

 

Un col­lec­tif dont le nom rend hom­mage aux géné­ra­tions de guer­rières cou­ra­geuses et fières (ain­si qu’au groupe fémi­nin avant-gar­diste des années 60, Les Ama­zones de Gui­née). Les Ama­zones d’Afrique ont éga­le­ment mon­tré qu’elles ne crai­gnaient pas de se confron­ter à des sujets qui res­tent un pro­blème non seule­ment sur le conti­nent afri­cain, mais aus­si à tra­vers le monde : der­rière les influences tra­di­tion­nelles enivrantes et les grooves élec­tro­niques de leur deuxième album, le groupe aborde sans conces­sion des thèmes dif­fi­ciles comme la miso­gy­nie et la vio­lence, l’identité sexuelle, le mariage for­cé et la pra­tique des muti­la­tions géni­tales fémi­nines, ou exci­sion. Les Ama­zones d’Afrique consi­dèrent le pou­voir de la musique en tant qu’arme contre la négli­gence sys­té­ma­tique du pou­voir des femmes en Afrique et au-delà. Les Ama­zones aujourd’­hui pré­sentent de nou­veaux visages, mais le mes­sage reste clair : la vio­lence à l’é­gard des femmes doit ces­ser. « Ama­zone Power » s’attaque ouver­te­ment à ces pro­blèmes. « Plus jamais, le silence, la vio­lence. Je veux vivre et être libre. »

 

« Femme afri­caine, soit indé­pen­dante » Star Femi­nine Band

Dans l’histoire des musiques popu­laires afri­caines, peu nom­breux sont les for­ma­tions fémi­nines. Si les Ama­zones de Gui­née, la Famille Bas­sa­vé et les Colombes de la Révo­lu­tion au Bur­ki­na, les Sœurs Comöe en Côte d’Ivoire ou les Lija­du Sis­ters au Nige­ria viennent notam­ment à l’esprit, Star Femi­nine Band n’a cer­tai­ne­ment pas d’équivalent au Bénin. La frai­cheur, l’insouciance et la liber­té, mais sur­tout le talent de ces jeunes filles est sans appel. Aujourd’hui âgées de neuf à quinze ans, les sept jeunes filles de Star Femi­nine Band conti­nuent d’aller à l’école. Plu­sieurs fois par semaine, elles se retrouvent pour chan­ter leur culture, leur condi­tion fémi­nine et leur pos­sible éman­ci­pa­tion. A chaque fois qu’elles jouent en public, elles ras­semblent un public local tou­jours plus nom­breux et curieux quand à la démarche de cette for­ma­tion iconoclaste.

Star Femi­nine Band – Femme afri­caine

 

Le Star Femi­nine Band adapte des chan­sons d’inspiration tra­di­tion­nelle, dans une veine de folk­lore modernisé.
« Nous jouons les danses de rythme waa­ma, nous vou­lons les mettre à l’honneur. Nous avons com­po­sé des chan­sons en fran­çais, en waa­ma et dita­ma­ri, deux eth­nies mécon­nues du Nord. Nous chan­tons aus­si des mor­ceaux en langue bari­ba, ain­si qu’en langue fon, langue majo­ri­taire au Bénin, dans le nou­veau réper­toire, afin de se faire com­prendre du plus grand nombre ».

Peba est chan­té en waa­ma. Il y est dit que les filles vont à l’école pour être elles mêmes. Chan­tées en fran­çais les paroles de La musique et de Femme Afri­caine sont élo­quentes quant aux mes­sages énon­cés. Tim­ti­lu est chan­tée en dita­ma­ri. Les filles conseillent ici de ne pas délais­ser leur culture, mais plu­tôt de la mettre à l’honneur. Chant d’émancipation en langue peule, Rew Be Me Light, est une ode aux femmes, un encou­ra­ge­ment pour réus­sir sa propre car­rière et réus­sir en tant que femme. Fédé­ra­teur, Iseo est chan­té en bari­ba. « Hommes et femmes, levons nous, du sud, du centre, du nord, unis­sons-nous et soyons un pour que le pays évo­lue ».

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