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Disparition d’Amha Eshèté, figure essentielle de la musique éthiopienne

Quelques mots de Frank Tenaille et Buda Musique pour se sou­ve­nir d’Am­ha Eshè­té, pro­duc­teur et figure essen­tielle de la musique éthio­pienne et de l’é­thio­jazz, décé­dé le 30 avril :
« Amha Eshè­té vient de décé­der. Il avait occu­pé une place car­di­nale dans l’ex­pan­sion de la musique éthio­pienne mal­gré les embuches. Et si aujourd’­hui sur la pla­nète cette musique urbaine si par­ti­cu­lière a connu un bel écho, cela est dû en par­tie aux richesses sonores qu’il a sus­ci­tées et qu’ont, avec téna­ci­té, den­si­té des appa­reils cri­tiques, pas­sion, su à leur tour valo­ri­ser Fran­cis Face­to et l’in­dis­pen­sable Gilles Fru­chaux avec son label Buda Musique. »
Frank Tenaille (Direc­teur artis­tique du Chan­tier, Centre de créa­tion des musiques du monde)

 

Alè­maye­hu Eshé­té – Addis Abe­ba Bete – Ethio­piques, Vol. 9, Buda Musique

 

« Cinq semaines après Ali Tan­go (Kai­fa Records), c’est au tour de notre ami Amha Eshè­té (Amha Records) de quit­ter la grande scène de la musique éthio­pienne moderne. Music lover abso­lu, pion­nier soli­taire de la pro­duc­tion dis­co­gra­phique dans son pays, jeune entre­pre­neur témé­raire, acti­viste alter­na­tif avant la lettre (ten­dance dan­dy com­ba­tif), gent­le­man hors-la-loi, Amha sut prendre le risque de pas­ser outre un décret sur l’importation et la pro­duc­tion de disques que l’empereur Hai­lé-Sélas­sié avait pro­mul­gué et qui réser­vait ces acti­vi­tés à un mono­pole d’Etat, lequel ne publiait aucun disque de musique moderne. « Intui­ti­ve­ment, j’avais la convic­tion que c’était ça qu’il fal­lait faire. Je pen­sais qu’on ne me tue­rait pas pour ça. Peut-être, à la limite, je ris­quais un peu de pri­son… » Le cata­logue Amha Records com­porte plus de 100 réfé­rences vinyles, publiées entre 1969 et 1975, l’essence même des gol­dies de la pop éthio­pienne. Sa qua­si-tota­li­té a été réédi­tée dans la série éthio­piques. La pop éthio­pienne est désor­mais gra­vée dans la pierre, par­tout. Sans Amha Records ni Kai­fa Records, il n’y aurait pas eu d’Ethiopiques. Mer­ci Amha. Mer­ci Ali. Repo­sez en paix. »

Fran­cis Fal­ce­to et Gilles Fru­chaux (col­lec­tions Ethio­piques & Ethio­So­nic) (Buda Musique).
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