#AuxSons est un webmedia collaboratif, militant et solidaire

60 ans d’indépendances en musique : Nigeria, Igbo Highlife, Juju Music et Apala

Le 1er octobre 1960, lorsque le pre­mier ministre nigé­rian Alha­ji Abu­ka­bar Tafa­wa Bale­wa pro­nonce son dis­cours d’indépendance, le pays pos­sède de gros atouts pour réus­sir son auto­no­mie post gou­ver­nance bri­tan­nique. Déjà grand expor­ta­teur d’huile de palme, d’arachides et de cacao, le Nigé­ria s’est décou­vert quatre ans aupa­ra­vant un impor­tant gise­ment d’un pétrole de grande qualité.

La musique est aus­si et déjà une source de rayon­ne­ment du pays.

Comme son voi­sin gha­néen où le style est appa­ru, le pays pos­sède de popu­laires orchestres de High Life. Cette musique est héri­tière des fan­fares mili­taires et du jazz, tein­tée de tra­di­tions mul­ti-eth­niques et pri­sée par la classe moyenne rêvant d’ascension sociale. Dans les années 50, pour contrer le suc­cès domi­nant de la Juju Music des musi­ciens d’ethnie Igbo, comme Chief Ste­phen Osi­ta Osa­bede, intro­duisent l’usage de la gui­tare et créent une muta­tion connue sous le nom de Igbo Highlife.

Chief Ste­phen Osi­ta Osabede

 

Prin­ci­pa­le­ment jouée par les Yoru­bas et domi­née par l’apport de la gui­tare élec­trique, la Juju Music est, comme le High Life, appa­rue au Nigé­ria dès les années 2O et s’est popu­la­ri­sée dans les années 50. La Juju Music donne au pays la pre­mière star inter­na­tio­nale d’origine afri­caine I.K. Dai­ro, chan­teur com­po­si­teur et accor­déo­niste qui sera déco­ré en 1963 par la reine Eli­sa­beth d’une MBE (Membre de l’Ordre de l’Empire Bri­tan­nique), défen­dra ce genre musi­cal jusqu’à sa mort en 1996 au titre de musi­cien et d’ethno-musicologue.

I.K. Dai­ro

 

En 1960, l’un des grands tubes Nigé­rian est Punc­tua­li­ty Is The Soul Of Busi­ness par Haru­na Isho­la, puis­sant chan­teur de musique Apa­la. Style crée par la com­mu­nau­té isla­mo-yoru­ba, basé sur des chants alter­nés ou à réponses, sou­te­nus par des per­cus­sions (tam­bours d’appels, cloches, sha­ker, she­kere) et pia­no à pouce agi­dig­bo. En 1969, Isho­la s’associe à I.K. Dai­ro pour fon­der le pre­mier label afri­cain diri­gé par des artistes : STAR Records. Il décède en 1983.

Haru­na Ishola

 

En 1960, Fela Kuti est étu­diant à Londres et fait ses pre­miers pas musi­caux sur le mode High Life. Lors de la décen­nie sui­vante, de retour au Nige­ria, il inven­te­ra l’Afro Beat, musique pan­afri­caine, contes­ta­taire et véhi­cule de sa légende.

Veuillez choisir comment vous souhaitez avoir des nouvelles du webmédia #AuxSons par Zone Franche:
Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.
En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.