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22 décembre 2020
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Par Toma Sidibé
#72
Playlist de Toma Sidibé
#72

Depuis 20 ans Toma Sidi­bé déve­loppe une chan­son métisse fran­co-man­dingue qui, depuis 2007, s’adresse par­ti­cu­liè­re­ment au jeune public. Pour #Aux­Sons il pré­sente une play­list de ber­ceuses et comp­tines chères à son cœur.

 

1. Tou­ré Kun­da – Fatou Yo (Casa­mance)

« Pour moi cette chan­son repré­sente la joie de vivre des enfants, la légè­re­té qui groove et pétille. Je l’ai sou­vent trans­mise lors d’ateliers de per­cus­sions avec des ados et des enfants et j’étais embê­té car je n’en connais­sais pas la tra­duc­tion. Depuis, je suis deve­nu ami avec Sixu Tidiane Tou­ré,  de “Tou­ré Kun­da”. Comme moi  il habite à Poi­tiers et je l’ai invi­té à inter­pré­ter l’un des per­son­nages sur mon der­nier disque “Yélé Ma Petite Lumière”. J’ai fini par lui deman­der de quoi par­lait cette chan­son et il m’a répon­du : ” Rien. Ce sont justes des ono­ma­to­pées et quand cette chan­son a fait le tour du monde on s’est dit que l’on aurait pu écrire de vraies paroles avec un mes­sage. ” Alors Sixu m’a don­né sa béné­dic­tion pour lui trou­ver un autre texte, ce qui m’est déjà arri­vé de faire lors d’un ate­lier d’écriture. »

 

2. Lakhe­na Nhean – Kan Top (Viet­nam)

« J’ai décou­vert récem­ment cette chan­son extraite de la com­pi­la­tion “Comp­tines Et Ber­ceuses Des Rizières” (Didier Jeu­nesse). Je connais peu la musique d’Asie du Sud-Est, je ne sais pas vrai­ment ce qu’elle raconte, mais la dou­ceur de la mélo­die m’a séduite et la flûte me rap­pelle les flûtes peules d’Afrique de l’Ouest. »

 

3. Syl­la Mama – Makun (Mali-bam­ba­ra)

«Makun Makun n’dèn” (calme-toi mon enfant) c’est une phrase que l’on dit très sou­vent au Mali. Comme tous les chants de l’album “Ber­ceuses Et Comp­tines Du Bao­bab” (Didier Jeu­nesse), Makun m’a beau­coup accom­pa­gné en 2005 à la nais­sance des mes jumeau-jumelle. Je peux même dire que ce disque m’a influen­cé pour mes pre­miers pro­jets jeunes publics. J’ai repris Sira­da La dans mon conte “Le Génie Don­ki­li et Olé­lé Moil­ba Maka­si” dans “Tom & Lara­zette”. Makun est une très belle chan­son on y est si bien accom­pa­gné dans le pays des rêves par la douce voix d’une maman. »

 

4. Souad Mas­si – Raoui (Algé­rie)

« Le pre­mier mor­ceau du pre­mier album de Souad Mas­si n’est pas vrai­ment une ber­ceuse, mais c’est une chan­son qui me met des fris­sons par­tout et me parle de la nos­tal­gie de l’enfance. J’aime beau­coup Souad Mas­si, on a sor­ti nos pre­miers albums en même temps, on a fait beau­coup d’émissions de radio ensemble et nous avions le même édi­teur. Par son his­toire et ce qu’elle trans­met, Souad me touche beau­coup. Je pense que cette chan­son a toute sa place dans cette play­list et s’adresse aus­si bien aux enfants qu’aux parents. »

 

5. Tho­mas Pitiot – Bala­kis­sa (France)

« Cette chan­son de mon grand ami Tho­mas Pitiot est vrai­ment drôle. Avec Tho­mas on se croise beau­coup dans nos ins­pi­ra­tions de chan­sons fran­çaises et afri­caines. Lorsque l’on s’est ren­con­trés en 2002, nous nous sommes offerts nos albums res­pec­tifs, “Le Tram­way Du Bon­heur” pour Tho­mas et moi “Mali Mélo”. Il connais­sait le Séné­gal et le nord du Mali, mais moins la région de Bama­ko où je vais sou­vent.  Une fois il m’y a rejoint, on a habi­té ensemble à Las­sa dans les hau­teurs de Bama­ko chez mon pote Balas­ki. C’est là que Tho­mas a eu l’idée de cette chan­son qui raconte l’histoire d’une petite fille qui rêve de voir la neige et un matin, à cause du chan­ge­ment cli­ma­tique “qui fait tout et n’importe quoi” comme chante Tho­mas, la neige recouvre les hau­teurs de Bama­ko et la petite fille s’éclate à faire du ski. Je suis content d’avoir par­ti­ci­pé indi­rec­te­ment à cette chan­son d’autant que c’est mon com­plice Sia­ka Dia­ra qui joue le bala­fon. C’est une chan­son fraîche et drôle ! »

 

6. Chil­dren Hin­di RhymeAthi Rajah (Inde)

« Après mon bac j’ai voya­gé en Afrique de l’Ouest et en Inde. En reve­nant je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie mais je savais que j’aimerais tra­vailler en lien avec ces pays là, et je me suis ins­crit à la fac de langues orien­tales Inal­co à Paris. J’ai com­men­cé à apprendre les langues man­dingues dont le bam­ba­ra et aus­si la prin­ci­pale langue indienne, le hin­di. J’ai sou­vent chan­té cette chan­son qui parle d’enfants qui voient pas­ser Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, et l’invitent à man­ger des gâteaux chez eux.  Il existe beau­coup de ver­sions dif­fé­rentes et si dans celle-ci les gra­phismes ne sont pas ter­ribles je trouve la musique groo­vy et les voix des enfants très sympas. »

 

7. Zsuz­san­na Var­ko­nyi – Mikor kic­si gye­rek vol­tam · (Hon­grie)

« Dans cette comp­tine tzi­gane tout m’évoque le voyage, la fête de décou­vrir d’autres hori­zons et la nos­tal­gie de ceux que l’on a quit­tés. J’aime les voix des enfants, le groove et l’instrumentarium, le cym­ba­lum, l’accordéon, les petites per­cus­sions, la contre­basse. Ça me tenait à cœur d’inclure une chan­son du réper­toire gitan. »

 

8. Toma Sidi­bé – Métis­sé (France, Mali)

« Comme j’avais le droit de mettre une de mes chan­sons j’ai choi­si “Métis­sé” parce qu’elle évoque la musique sans fron­tières, le métis­sage. Le clip me touche beau­coup parce qu’on l’a réa­li­sé avec le lycée fran­çais de Bama­ko. Nous étions par­tis en camp en brousse à Siby à une qua­ran­taine de kilo­mètres de la capi­tale. On a écrit un spec­tacle avec une tren­taine de gamins sous la direc­tion de Jim Zezi­ger. Dans le clip il y a les enfants dont je connais les habi­tudes au matin,  ceux à qui il faut chan­ter une ber­ceuse avant de s’endormir, ceux que j’ai vu rigo­ler et ambian­cer toute la colo. Cette chan­son a beau­coup voya­gé et c’est un peu le porte-dra­peau de mes chan­sons jeune public. »

 

9. Idir – A Vava Inova (Kaby­lie)

« Comme je pense beau­coup de gens de ma géné­ra­tion, cette chan­son me plonge direc­te­ment dans mon enfance. Je revois mes parents, mon frères et ma  sœur, la mai­son, la dou­ceur de la soupe au coin du feu. “A Vava Inova”,  qui a fait le tour du monde, parle des his­toires que l’on se racon­tait avec toute la famille. C’est Idir, la mon­tagne, la Kaby­lie et l’une des plus belles mélo­dies qui soient. »

 

10. Daoud Lan­gaOh Kesa­rio Haza­ri Gul Ro Phool (Inde-Rajas­than)

« Cette chan­son est tirée de “Lat­cho Drom” de Tony Gat­lif, à mon avis l’un des plus beaux films sur la musique. Cette scène a été tour­née dans le désert du Rajas­than. On y voit les pré­pa­ra­tifs d’une fête et un gamin qui chante pour une dan­seuse un peu plus âgée. Il y a du groove, la mélo­die est belle, on voit la pas­sion dans les yeux du gar­çon, la fer­veur dans la danse de la jeune fille. C’est très beau et j’avais envie de ter­mi­ner cette play­list sur ce moment de bon­heur, de par­tage entre enfants, pen­dant que les parents s’activent à pré­pa­rer la fête. »

 

 

Avec ces sons en tête, décou­vrez le le Focus « Ber­ceuse, contre vents et marées », où l’ethnomusicologue Made­leine Leclerc, les musi­ciens Piers Fac­ci­ni et Robin Girod reviennent aux fon­de­ments de cette pra­tique musicale.

Toma Sidibé

Playlist de Toma Sidibé #AuxSons
© Mélanie Favron

Toma Sidi­bé est né plu­sieurs fois, une pre­mière en Côte d’Ivoire, une seconde à Amiens où il a pas­sé son enfance et s’est ouvert à la musique en appre­nant à jouer de la bat­te­rie et à l’adolescence quand il trouve son pays d’adoption, le Mali. Là il apprend la langue man­dingue bama­na (bam­ba­ra) et Séga Sidi­bé, maître de djem­bé, lui enseigne les rythmes d’Afrique de l’Ouest et lui donne son nom. Sa musique jaillit à la croi­sée des cultures de ces deux pays, son iden­ti­té est natu­rel­le­ment métisse.

En 2000 à Bama­ko il enre­gistre son pre­mier album Taga Ka Segin au stu­dio Mali K7 qui appar­tient au pro­duc­teur fran­çais Phi­lippe Ber­thier et au légen­daire gui­ta­riste Ali Far­ka Touré.

Deux ans plus tard Toma fait sen­sa­tion sur le cir­cuit euro­péen avec Mali Mélo, pro­duit par Doc­tor L. 5 ans plus tard Matin d’Exil réunit sa famille de cœur : Séga, son papa malien, la puis­sante chan­teuse Mama­ni Kei­ta, le sor­cier des cla­viers man­dingues Cheik Tidiane Seck ou Guiz­mo du popu­laire groupe Tryo.

En 2007, il crée son pre­mier spec­tacle pour jeune public Taam­ba, le Grand Voyage (Prix du Public du fes­ti­val Pes­tacles)  et c’est une nou­velle nais­sance celle du chan­teur pour enfants.

Dès lors en grand frère il par­tage ou anime les ter­rains de jeux des tout petits et des plus grands. Seul ou avec des com­plices il crée des contes, rem­plis de chan­sons sou­riantes qu’il trans­pose en spec­tacles joyeux et huma­nistes Tom-Tom et Lara­zette, le Génie Don­ki­li (Coup de cœur Charles Cros 2010), Bal Pous­sière (Coup de cœur Charles Cros 2016), Bri­gade En-Chan­tée (2016) ou Yélé Ma Petite Lumière (2018).

Il anime aus­si des ate­liers-créa­tions dans des écoles de France, du Mali ou même de Thaï­lande. Il par­raine l’association « Un Hôpi­tal pour les enfants » et chante régu­liè­re­ment en milieu hospitalier.

Aux petits comme aux grands, à tra­vers ses chan­sons pétillantes et un sou­rire inal­té­rable, Toma trans­met un  mes­sage d’ouverture à l’autre, de bien­veillance et de partage.

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