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7 décembre 2020
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Par Titi Robin
#70
Playlist de Titi Robin

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#70

Gui­ta­riste, oudiste, joueur de bou­zou­ki et poète, Titi Robin est le sym­bole même de ces artistes fran­çais dont le cœur et l’inspiration sans fron­tières se nour­rissent d’échanges avec les cultures de l’ailleurs avec res­pect, géné­ro­si­té et humanisme.

Nous avons deman­dé à Titi Robin de concoc­ter une play­list #Scè­ne­Fran­çaise dans le cadre de la cam­pagne de sou­tien orches­trée par la Sacem :

« Je suis un musi­cien qui joue beau­coup en dehors des fron­tières de France, avec des orchestres par­fois même ins­tal­lés à l’étranger (comme Khu­sh­boo en Inde). Je me rends compte que beau­coup des artistes que je recom­man­de­rais vivent et jouent en dehors de ce pays. C’est donc par­ti­cu­lier pour moi de me res­treindre à ce ter­ri­toire fran­çais mais je me suis prê­té au jeu. »

 

1. Samue­li­to & Antoine Boyer – Le vol des lucioles

« J’ai enten­du par­ler d’Antoine quand il était tout jeune, il a pris des cours avec un des héri­tiers de Mate­lo Fer­ret, (Fran­cis-Alfred Moer­man, que j’avais invi­té pour « Gitans » et « Un ciel de cuivre ») et qui repré­sente l’autre école de gui­tare manouche à côté de celle de Djan­go, qui a écra­sé par son génie d’autres voies pos­sibles. Celle de Mate­lo a une richesse de voca­bu­laire sty­lis­tique et un lyrisme qui manque sou­vent à cette scène. Antoine s’est empa­ré de l’héritage et l’a élar­gi à d’autres hori­zons. Avec le sub­til Samue­li­to, qui était venu dans l’enfance m’écouter en concert, et qui trouve sa place super intel­li­gem­ment au tra­vers de la concur­rence fla­men­ca redou­table chez les gui­ta­ristes de ce style, ils empruntent tous les deux un che­min créa­tif et frais, en évi­tant les pièges de la musique pour gui­ta­riste. Ils sont au début d’une belle car­rière et montrent déjà une voie à suivre.  »

2. Pix­vae – Lan­che­ri­to

« Il y a l’énergie rock en même temps que le res­pect évident du plai­sir du com­pas colom­bien et des mélo­dies chan­tées. Leur iden­ti­té est forte et vrai­ment ori­gi­nale les arran­ge­ments sont radi­caux et assu­més, le plai­sir est par­ta­gé entre les membres du groupe et avec le public. Lors d’un fes­ti­val bien connu, dans lequel je m’ennuyais à écou­ter des groupes qui res­pi­raient plus le coup de pro­duc­teur qu’une néces­si­té d’expression artis­tique sim­ple­ment humaine, c’était un bol d’air bien­fai­sant et revigorant. »

3. Nuria Rovi­ra Salat – Le Goût du sel

« Il faut lais­ser une place à la danse qui est la soeur bien-aimée de la musique… Nuria a un voca­bu­laire cho­ré­gra­phique médi­ter­ra­néen métis­sé, très maî­tri­sé, une pré­sence évi­dente, une belle per­son­na­li­té et beau­coup d’exigence dans son tra­vail. Il lui faut défendre (et il nous faut défendre) ce lan­gage comme un mode d’expression à part entière ce qui n’est pas évident dans le milieu de la scène des “musiques du monde”.  »

4. Naïs­sam Jal­lal – Om Al Aagayeb (tea­ser)

« Elle avait joué en pre­mière par­tie pour moi à l’Alhambra, en pur solo, avec un aplomb et une sin­cé­ri­té tou­chante, un cou­rage aus­si, elle sait prendre le tau­reau par les cornes… C’est un che­min per­son­nel et cré­dible entre jazz et flûte orien­tale, incar­né dans un geste natu­rel.  »

5. Sofiane Saï­di – El Ndjoum (Live au Womex 2018 à Las Palmas)

« Immé­dia­te­té du plai­sir de chan­ter, l’école du caba­ret et de la nuit, une jouis­sance col­lec­tive à par­tir d’un chant soli­taire. Une évi­dence. »


6. Lina Bel­lard – Zan­zu­lian

« La harpe, est un ins­tru­ment à prio­ri éloi­gné de mon esthé­tique habi­tuelle. Elle la maî­trise incroya­ble­ment, par­ti­cu­liè­re­ment pour l’improvisation modale, avec une attaque de la corde per­son­nelle, riche. Elle sait déve­lop­per un dis­cours et nous faire entrer dans son monde, dans les méandres d’une pen­sée esthé­tique. C’est le but de l’art. »

7. Waed Bou­has­soun – Safar – O toi qui donnes

« Comme les autres artistes ici pré­sen­tés, c’est le natu­rel de son jeu de ‘oud et de sa voix qui me touchent d’abord. Pas de recherche de vir­tuo­si­té gra­tuite, elle se met au ser­vice de la musique, qui le lui rend bien. On se sent bien­ve­nu dans l’écoute. »

8. Louise Jal­lu – Sur de Ani­bal Troilo

« Je viens de la décou­vrir mais ne l’ai pas encore vue sur scène. C’est un superbe ins­tru­men­tiste très musi­cale (ban­do­néon ndlr), sen­sible et lyrique, avec une har­mo­nie évi­dente entre son dis­cours musi­cal, son ins­tru­ment et sa per­sonne. »

9. Youss Sed­das – Ya Rebi (Live Ibn Zay­doun, Alger, 2019)

« Je l’avais croi­sé à l’époque d’Intik (alors réfu­gié en France), autour d’Idir, lors d’un concert au Zénith pari­sien. Je le retrouve sur son reg­gae algé­rois avec man­dole et super flow, langue algé­rienne et groove jamaï­cain. »

10. Sam Kar­pie­niaGuil­haume

« Un des plus belles voix de la scène fran­çaise, un chant qui brûle au ser­vice de la poé­sie dans cette belle langue occi­tane qu’est le pro­ven­çal. »

 

Titi Robin

© Mathias Benguigui

Titi Robin, est un musi­cien com­po­si­teur, impro­vi­sa­teur et poète fran­çais qui a déve­lop­pé un uni­vers esthé­tique ori­gi­nal se rat­ta­chant au monde médi­ter­ra­néen, aux confluences des cultures gitanes, orien­tales et euro­péennes. Il joue la gui­tare, le bou­zouq et le oud et est l’auteur exclu­sif de ses nom­breux pro­jets. Il a enre­gis­tré son réper­toire en Europe mais éga­le­ment en Inde, en Tur­quie et au Maroc, a tour­né dans le monde entier, de l’Hollywood Bowl de Los Angeles au Tata Thea­ter de Bom­bay et a col­la­bo­ré régu­liè­re­ment avec des artistes comme la dan­seuse indienne du Rajas­than Gula­bi Sape­ra ou le qaw­wal de Lahore Faiz Ali Faiz. Rebel Diwa­na, sor­ti en 2018, était son vingt-et-unième album. Je t’ai bue sans sucre, mon amer­tume, publié en 2019, est le pre­mier recueil de Titi Robin consa­cré exclu­si­ve­ment à sa poé­sie. Aujourd’hui Titi effec­tue un retour à ses sources gitanes, qu’il tra­duit par plu­sieurs for­ma­tions cen­trées autour de sa col­la­bo­ra­tion avec l’excellent chan­teur gitan cata­lan Rober­to Saad­na. Le sex­tette « Ma Gava­li » sera en rési­dence à l’automne 2020 pour mettre sur pied un réper­toire entiè­re­ment renouvelé.

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