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15 septembre 2022
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Par Eliasse
#157
¡Franchement ! Playlist d’Eliasse
#157

Après le succès de la première édition de ¡Franchement ! en 2021 à Paris, Zone Franche - le réseau des musiques du monde qui pilote aussi le média #AuxSons - vous donne à nouveau rendez-vous les 20 et 21 septembre 2022 à Bordeaux et Cenon pour célébrer la diversité des musiques ouvertes sur les cultures du monde.

La soirée “Born on Line” de 2021 a permis d’apporter un coup de projecteur sur des productions musicales récentes nées sur la toile depuis début mars 2020, et malheureusement éclipsées par le brouillard de la Covid-19. La moisson 2022 de “Born on Line“ vous invite à découvrir une sélection de nouvelles productions de grande qualité, soigneusement concoctée par un jury français et international.

Avant de vous donner rendez-vous sur scène les 20 et 21 septembre 2022, les artistes sélectionnés partagent leurs coups de cœur musicaux. Après les sélections de Yann Solo, Las Lloronas et Deli Teli, c’est au tour d’Eliasse de partager son univers musical !

1. Baco & Urban Plant - Musada 

« Dans la vie, il faut une référence qui te ressemble, qui te représente en quelque sorte, pour essayer à ton tour d’oser affronter les vagues en ayant en tête cette figure. Pour moi, Baco en est une. C’est un peintre de la musique. Il écrit comme un peintre abstrait peut peindre. Il explore avec audace le son, la composition, avec un attachement farouche et très profond à ses racines . C’est lui le créateur du Zangoma et du R’N’G. C’est l’exemple même d’un Artiste avec un grand A ». » Eliasse

2. Soubi Na Boinariziki - Kabwa Za Kopoi
(ndlr - titre disponible uniquement sur Youtube et Youtube Music)

« Dès que j’entends la voix de Soubi, je comprends que je viens d’Afrique et plus précisément des Comores. Le son du dzendze, avec ses cordes métalliques provenant de pneus brulés, du Mkayamaba et la polyphonie produisent, à mon sens, une musique roots et éternelle. De plus, Soubi est un gars simple, toujours égal à lui-même, humble et aussi précis dans son art. C’est une des plus grandes fiertés de mes collaborations et aussi un exemple d’un artiste qui a les « pieds sur terre ». » Eliasse

3. Maalesh - Uzade

« Tous mes souvenirs du début de mon histoire dans la musique sont accompagnés par ce grand Monsieur de la musique comorienne qu’est Maalesh. Il a bouleversé les codes dans la musique contemporaine comorienne et reste une grande référence pour beaucoup de ma génération et d’autres après. » Eliasse

4. Blick Bassy - One Love 

« Au delà de ses chansons que j’apprécie, c’est aussi un packaging artistique et un état d’esprit. Il est une référence pour moi de cette nouvelle génération africaine d’artistes qui se mélange à tout ou presque, tout gardant les pieds sur leurs terres et surtout qui apporte et ne fait pas que recevoir. Mettre en lumière d’autres talents est aussi une de ses qualités que j’apprécie. Blick est une voix, des mélodies, des textes, une vision, un engagement et tout simplement un créateur. » Eliasse

5. Maya Kamaty - Alibi

« J’aime cette artiste de par sa créativité, ses prises de risques et sa soif d’aller encore plus loin tout en gardant sa patte dans chaque chemin qu’elle emprunte. Maya, qui vient d’une famille d’artistes, a su créer sa propre identité. Artiste féminine, féministe et particulièrement singulière. » Eliasse

6. Soeuf Elbadawi - Undroni Blues
« Une créativité, un questionnement incessant, un attachement profond à sa culture et une ouverture sur le monde. Journaliste, auteur, comédien ou chanteur Soeuf Elbadawi est un  point d’interrogation perpétuel qui nous permet de prendre du recul sur l’art et culture de l’archipel des Comores et sa place dans le monde. » Eliasse

7. Delgrès - Mr President

« C’est une découverte récente et une bonne claque. Je trouve que le mélange du créole, du blues, du son rock et aussi un coté tribal de temps en temps donne un bon groove. Cela conforte mon chemin artistique sur lequel j’essaie également d’apporter « ce bon métissage » à la grande sono mondiale. » Eliasse

 

8. Nawal - Al Djalilu
(ndlr - titre disponible uniquement sur Youtube et Youtube Music)
 

« L’audace, la pionnière des femmes comoriennes à oser prendre sa guitare et monter sur scène et parcourir le monde avec ses chansons et ses histoires pour raconter les Comores mais aussi le monde. Elle aurait pu être la Be Kudude des Comores dans un autre style et une autre période. » Eliasse

9. Lokua Kanza - Le Bonheur Il Suffit D’Une Phrase 

« Il chante comme il joue de sa guitare, puissant et toujours avec beaucoup d’émotions. Lokua a été et reste une source d’inspiration. Un artiste plein de ressources. » Eliasse

10. Keziah Jones - Rythm Is Love 

« La folie, le déchainement sur sa guitare comme si il se vengeait d’elle. Keziah a été le déclencheur pour moi de comment aborder la guitare sans forcément avoir tous les codes communs. » Eliasse

Eliasse

Eliasse © Greg Bronard
Eliasse © Greg Bronard

« L’insularité donne toujours naissance à des identités culturelles fortes. Les Comores en témoignent et tressent dans cet archipel de l’Océan Indien sur la route des épices marqué par l’esclavage, des langues, des cultures, des rites et des musiques. Les influences arabes, perses, africaines, françaises, indonésiennes, ayant façonné la société de ces quatre îles du canal du Mozambique suscitent un véritable "conservatoire du métissage". Pour autant il faut être au pouls du monde, ce qui n’est pas facile, et dans la Babel de la Sono mondiale inventer son propre récit. C’est le chemin qu’emprunte Eliasse au fil de ses expériences. De son premier groupe folk à celui du chanteur Maalesh, de ses compagnonnages ou collaborations (comme percussionniste ou choriste) avec Baco, Mikidache, M’Toro Chamou, Nawal, jusqu’à son envol solo et un premier album, Marahaba, en 2008.

Ainsi à l’écouter, fidèle à sa nature curieuse, l’on a le sentiment qu’il se nourrit d’un puzzle d’imaginaires musicaux. Des patrimoines qu’ont nourri rites soufis, chants de lignage, fêtes profanes, musiques et danses circonstancielles, vecteurs de sentiments, satires, légendes ou mythes. De même avec l’écheveau des rythmes ternaires du cru (twaraba, mgodro, shigoma, sérebwalolo…) fait-il des boutures avec les rythmes binaires occidentaux (blues, funk, rock). Comme il serpente entre les dialectes autochtones qu’il épice de français, anglais, malgache ou swahili. Une palette d’approches combinée à un répertoire mêlant métaphores poétiques et points de vue qui fait du natif de Moroni, un chanteur assez unique qu’on dira engagé dans la cité mais qu’il préfère qualifier de "conscient". Un chanteur qui apporte un vent de fraîcheur et une indéniable novation du côté de l’Océan Indien mais qui témoigne aussi d’un fort attachement à une histoire musicale, celle des pionniers des années 70 lorsque les Iles de la lune revendiquaient leur émancipation.

Pour en juger, cet album, collier de chansons fortes. Un répertoire qu’il conduit avec sa guitare et son merlin (sorte de dulcimer) et deux complices capés : Jérémy Ortal à la basse (Shaolin Temple Defenders, Martha High) et Fred Girard à la batterie (Sleeppers, Bertrand Cantat, Afrobeat Crusaders). Il y aborde sous différents angles la situation compliquée de l’archipel, ses maux endémiques et ses drames comme les noyades des candidats aux kwassas, ces embarcations de fortune qu’empruntent les "clandestins". Et ce faisant son "TwaraBlues" s’élève contre la fatalité de responsables stipendiés, souhaitant que chacun balaye devant sa porte et espérant un avenir collectif meilleur. En témoigne cette chanson Endra qui évoque une femme qui eut beaucoup d’enfants mais n’a point connu l’amour et qui espère que le prochain élu soit le bon. Une chanson qui, in fine, en réfère bien aux Comores. Ou encore cette fleur de l’indépendance Ylang-langue qui s’est fanée quand elle promettait de fleurir.

A présent, ce nouveau répertoire, Eliasse va le partager sur les scènes européennes. L’occasion pour ceux qui ne l’ont pas vu récemment en première partie de Groundation, mythique groupe de reggae, de découvrir un artiste altruiste et solaire, dont la générosité et l’humour sont à l’image de ses îles serties de rêves et d’histoires. »

Frank Tenaille

 

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