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Morena Leraba, Sampa The Great, Thobile Makhoyane And Msaki Acces Mia
Morena Leraba, Sampa The Great, Thobile Makhoyane And Msaki Acces Mia - © Music In Africa

Les artistes éclectiques d’ACCES, salon musical panafricain

Pré­sen­té pour la pre­mière fois à Dakar au Séné­gal en 2017, l’é­vè­ne­ment ACCES est sans doute deve­nu le salon pro­fes­sion­nel musi­cal le plus impor­tant du conti­nent afri­cain. Cette année, pour sa qua­trième édi­tion, l’é­vè­ne­ment pan­afri­cain se tien­dra pour la pre­mière fois à Johan­nes­burg en Afrique du Sud et s’ap­prête à être un moment inoubliable.

Orga­ni­sé par la Fon­da­tion Music In Afri­ca, ACCES pro­pose cette année un pro­gramme éclec­tique d’ar­tistes venant de divers pays comme le Nigé­ria, le Gha­na, la Tuni­sie, le Leso­tho, l’Es­wa­ti­ni, la Tan­za­nie et l’A­frique du Sud. Ils se pro­dui­ront devant des fans mais aus­si des pro­fes­sion­nels de l’in­dus­trie musi­cale tels que des pro­gram­ma­teurs de fes­ti­vals, des orga­ni­sa­teurs d’é­vè­ne­ments et des res­pon­sables de labels. L’é­vè­ne­ment s’est asso­cié au Ree­per­bahn Fes­ti­val - l’un des plus impor­tants lieux de ren­contre de l’in­dus­trie musi­cale mon­diale et le plus grand fes­ti­val de clubs d’Eu­rope basé à Ham­bourg en Alle­magne - pour faire venir des artistes de la dia­spo­ra afri­caine à Johan­nes­burg. ACCES s’est aus­si asso­cié au concert I AM HERE du Bass­line Fest du 27 novembre, au cours duquel un cer­tain nombre d’ar­tistes d’ACCES mon­te­ront sur scène. Vous pou­vez dès à pré­sent ache­ter vos billets pour le concert I AM HERE via How­ler (lien externe) et Com­pu­ti­cket (lien externe).

Sam­pa the Great (Zam­bie)

Sam­pa the Great n’est pas une rap­peuse comme les autres. Auda­cieuse et sûre d’elle, cette musi­cienne ori­gi­naire de Zam­bie est constam­ment com­pa­rée à des figures cultes du hip-hop comme Lau­ryn Hill et Mis­sy Elliott pour ses prises de posi­tion intel­lec­tuelles, allant du girl power à la poli­tique. Elle est à l’o­ri­gine de mix­tapes accla­mées comme The Great et Birds and the BEE9, ce der­nier ayant rem­por­té l’Aus­tra­lian Music Prize du meilleur album en 2017. Son pre­mier album inti­tu­lé The Return est sor­ti en 2019. La per­for­mance de Sam­pa the Great à ACCES sera pré­sen­tée par le Ree­per­bahn Festival.

 

 

Den­dri Stam­be­li Move­ment (Tuni­sie)

For­mé en 2015, le groupe Den­dri Stam­be­li MOVEMENT est un exemple de la scène de fusion musi­cale flo­ris­sante d’A­frique du Nord com­bi­nant rock, jazz et musique tra­di­tion­nelle. L’empreinte sonore unique du groupe se tient habi­le­ment à che­val entre la pré­ser­va­tion des musiques ances­trales tuni­siennes et nord-afri­caines et les nou­velles créa­tions. Éclai­reur dans l’âme, le col­lec­tif milite contre la vision nor­ma­tive et sté­réo­ty­pée de la musique noire et de l’his­toire qui lui est asso­ciée. Son pre­mier album, Bori, a été enre­gis­tré en 2020.

 

 

Dia­mond Thug (Afrique du Sud)

Depuis la sor­tie remar­quée de son pre­mier album Apas­tron en 2018, Dia­mond Thug s’est rapi­de­ment épa­noui pour deve­nir l’un des groupes indés les plus en vue d’A­frique du Sud. Son uni­vers sonore auto­pro­cla­mé « space-age folk-rock » - folk rock de l’ère spa­tiale - fusionne le meilleur de l’al­ter­na­tif, de l’élec­tro­nique et du folk. Les sons de Dia­mond Thug se carac­té­risent par la pas­sion et se posent sur des grooves éprou­vés par le temps. Éga­le­ment à l’o­ri­gine de l’EP Gaia­fy, le groupe se targue d’une évo­lu­tion intré­pide et constante dans sa quête de sons authentiques.

 

 

Tom­my WÁ (Nigé­ria)

Le son de Tom­my , né au Nigé­ria, est une asso­cia­tion intros­pec­tive d’a­fro-indie-folk et de « spo­ken word » - lit­té­ra­le­ment « mot par­lé ». Fon­dées sur les sagesses folk­lo­riques indi­gènes, ses musiques ambiantes puisent dans les œuvres de Alt-J, Twen­ty One Pilots et Bon Iver. Il est à l’o­ri­gine de sor­ties telles que son pre­mier EP Me in Me en 2016, le titre d’o­pé­ra afro­folk sor­ti en 2019 « Come and Go », et Ope­ra­tion Gui­tar Boy, une com­pi­la­tion sor­tie l’an­née der­nière. Durant la pan­dé­mie de COVID-19, les expé­ri­men­ta­tions libres de Tom­my l’ont lan­cé dans une tour­née solo de concerts pri­vés, se pro­dui­sant ain­si chez plus de 30 par­ti­cu­liers à tra­vers le monde.

 

 

Wam­wi­du­ka Band (Tan­za­nia)

Le Wam­wi­du­ka Band est un groupe de musique tra­di­tion­nelle ori­gi­naire de Mbeya, en Tan­za­nie. Fon­dé en 2012, l’u­ni­vers musi­cal sin­gu­lier du groupe est consti­tué de cordes et de per­cus­sions dépouillées offrant des récits nos­tal­giques et de puis­santes har­mo­nies ances­trales. Leur musique met l’ac­cent sur la fier­té cultu­relle et les joies simples.

 

 

Yugen Bla­krok (Afrique du Sud)

Yugen Bla­krok a par­ta­gé la scène avec cer­taines des voix les plus émi­nentes du hip-hop : MC Lyte, GZA et Public Ene­my, entre autres. Après deux albums accla­més, Return of the Astro-Goth en 2013 et Ani­ma Mys­te­rium en 2019, elle a été mon­dia­le­ment remar­quée pour sa par­ti­ci­pa­tion à la bande ori­gi­nale du film à suc­cès Black Pan­ther aux côtés de Ken­drick Lamar et Vince Staples. Rap­peuse enga­gée dont la voix trouve sa place dans tous les styles, entre hip-hop tra­di­tion­nel et acid jazz, les créa­tions aux mul­tiples facettes de la musi­cienne sont autant d’a­ven­tures à la décou­verte de nou­velles pro­fon­deurs à chaque écoute. Le concert de Yugen Bla­krok à ACCES sera pré­sen­té par le Ree­per­bahn Festival.

 

 

 

More­na Lera­ba (Leso­tho)

Ori­gi­naire du Leso­tho, More­na Lera­ba mélange les chants ins­pi­rés de son pays et de sa musique tra­di­tion­nelle, le famo, et l’élec­tro­nique, le dub sur des échos de hip-hop, pour créer une ambiance psy­ché­dé­lique en constante évo­lu­tion. Des chan­sons comme « Mpu­li » et « Impe­pho » en sont le meilleur exemple. Son pro­ces­sus créa­tif, déclare-t-il, découle de ses jours en tant que ber­ger. « Quand on est seul dans les mon­tagnes, on crée ses propres his­toires chaque jour, et j’ai déve­lop­pé une com­mu­ni­ca­tion impres­sion­nante avec la nature et les animaux. »

 

 

Msa­ki (Afrique du Sud)

Msa­ki est répu­tée pour être une créa­trice aux mul­tiples facettes connue pour ses col­lec­tions d’art mémo­rables et son acti­visme pas­sion­né. Ses har­mo­nies miel­leuses se posent sur tout, du R&B apai­sant aux grooves house prêts pour dan­ser. Elle a col­la­bo­ré avec des artistes comme Mobi Dixon, Revo­lu­tion, Black Cof­fee, Black Motion et Prince Kay­bee. Depuis ses débuts en 2013, Msa­ki a conser­vé une place constante dans les charts locaux et reçu de mul­tiples récom­penses pour son tra­vail. Co-fon­da­trice du Fes­ti­val des arts col­la­bo­ra­tifs de River­Song à Ham­bourg dans la pro­vince du Cap-Orien­tal en Afrique du Sud, elle est éga­le­ment à l’o­ri­gine d’ALT­BLK, une pla­te­forme qui met en valeur la diver­si­té et la com­plexi­té de la musique afri­caine et de la dia­spo­ra noire.

 

 

Moon­ga K. (Afrique du Sud)

Moon­ga K. est une autrice-com­po­si­trice-inter­prète et mili­tante née en Zam­bie et éle­vée au Bots­wa­na. Désor­mais ins­tal­lée en Afrique du Sud, son par­cours musi­cal est celui d’un voyage à la décou­verte de soi. « J’aime à pen­ser que ma musique crée des espaces sûrs pour les per­sonnes mar­gi­na­li­sées », déclare la musi­cienne de R&B et de soul alter­na­tive. « J’aime être la voix des gens qui ont peur de s’ex­pri­mer, mais sur­tout, j’am­pli­fie leur voix ». Moon­ga veut four­nir la bande-son de nos voyages col­lec­tifs pour l’ac­cep­ta­tion de soi - tout en pui­sant davan­tage dans les tona­li­tés afro­fu­tu­ristes. Cette année, elle a sor­ti l’EP CANDID, qui s’ouvre sur le mor­ceau « Rebel Time » en col­la­bo­ra­tion avec Sam­pa the Great. Les deux artistes inter­pré­te­ront-ils ce titre ensemble lors du concert I AM HERE ? Soyez pré­sent pour le savoir.

 

 

Than­dis­wa Maz­wai (Afrique du Sud)

Plu­sieurs fois pri­mée, Than­dis­wa Maz­wai est recon­nue comme l’une des musi­ciennes contem­po­raines les plus remar­quables d’A­frique du Sud. Depuis le début de sa car­rière en tant que membre du groupe de kwai­to-spea­rhea­ding, Jack-Knife, elle n’a jamais regar­dé en arrière. Éga­le­ment connue sous le nom de « King Tha », Maz­wai est à l’o­ri­gine de plu­sieurs albums à suc­cès, aus­si bien en tant que soliste que membre du groupe Bon­go Maf­fin. En outre, elle a par­ta­gé la scène avec des artistes aus­si divers qu’An­gé­lique Kid­jo ou Ste­vie Won­der. Lors d’ACCES 2021, elle sera la der­nière lau­réate de la récom­pense Music In Afri­ca Hono­ra­ry Award aux côtés de la légende sud-afri­caine Vusi Mahlasela.

 

 

 

Sto­gie T (Afrique du Sud)

Rap­peur, poète et auteur-com­po­si­teur sud-afri­cain avant-gar­diste, Sto­gie T a une longue car­rière der­rière lui et un vaste cata­logue qui trans­cende les phé­no­mènes de mode du hip-hop. Il s’est fait connaître en 2004 avec le groupe de hip-hop ins­pi­ré du funk, Tumi and the Volume, et a su res­ter depuis une voix pré­émi­nente de la scène hip-hop. Ses œuvres apportent un regard cri­tique sur des ques­tions socio­po­li­tiques et pas­tichent diverses réa­li­tés modernes.

 

 

Tho­bile Makhoyane (Eswa­ti­ni)

Ori­gi­naire du royaume mon­ta­gneux d’Es­wa­ti­ni, la magie musi­cale de Tho­bile Makhoyane consiste à mélan­ger des influences natio­nales et inter­na­tio­nales sous un style « hyp­no-rock » : une voix impo­sante flot­tant divi­ne­ment sur des sons acous­tiques et un groupe de musi­ciens mêlant ins­tru­ments tra­di­tion­nels et occi­den­taux. Par­mi ses prin­ci­pales influences, Tho­bile cite les voix en or afri­caines de Jabu Kha­nyile, Smiles Maka­ma, Busi Mhlon­go, Suthu­ka­zi Aro­si, Yous­sou N’Dour et Oumou San­ga­ré. Cofon­da­trice du duo Spi­rits Indi­ge­nous et du col­lec­tif fémi­nin She­Kings, Tho­bile a col­la­bo­ré avec divers artistes dans dif­fé­rentes dis­ci­plines artis­tiques, notam­ment le théâtre, l’art vidéo, les ins­tal­la­tions artis­tiques, la danse contem­po­raine et la poé­sie. Son pre­mier album très atten­du devrait sor­tir dans les pro­chains mois.

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Urban Vil­lage (Afrique du Sud)

Selon Son­glines Maga­zine, le groupe sud-afri­cain Urban Vil­lage « parle d’hé­ri­tage, d’u­nion et rêve d’un au-delà uto­pique, un vil­lage qui est le leur, le nôtre et celui de tout le monde ». En une car­rière rela­ti­ve­ment courte, le qua­tuor accla­mé s’est for­gé un style unique fort d’une conscience his­to­rique façon­née par Sowe­to, tout en pui­sant dans le rock, le jazz et la pop.

 

 

Ika­ti Esengxo­we­ni (Afrique du Sud)

Le duo sud-afri­cain Ika­ti Esengxo­we­ni a été fon­dé en 2016. Vain­queur lors de l’A­fro­punk Bat­tle of the Bands en 2018, l’é­mou­vant duo acous­tique s’ins­pire de la musique urbaine, tra­di­tion­nelle, indie-folk et des musiques du monde. Ika­ti Esengxo­we­ni est éga­le­ment connu pour avoir fait la bande-son du film recon­nu inter­na­tio­na­le­ment, Loving Tho­ko­za, et de la série dra­ma­tique sud-afri­caine Lock­down. Le duo a par­ta­gé la scène avec Thun­der­cat, The Inter­net et Flying Lotus.

 

 

Buh­le­ben­da­lo Mda (Afrique du Sud)

C’est la seconde fois que Buh­le­ben­da­lo, de The Soil, se pro­dui­ra sur une pla­te­forme de la Fon­da­tion Music In Afri­ca. En 2020, cette force vocale a fait sen­sa­tion lors du concert en ligne Vibra­tions - A Cele­bra­tion of Afri­can Ins­tru­ments avec un groupe d’ins­tru­men­tistes entiè­re­ment com­po­sé de femmes. Les per­for­mances live de Buh­le­ben­da­lo se pré­sentent sous forme d’un mélange de théâtre tra­di­tion­nel et de sons contem­po­rains évo­quant un pro­fond sen­ti­ment d’i­den­ti­té et d’appartenance.

 

 

Lali­boi (Afrique du Sud)

Le rap­peur et mul­ti-ins­tru­men­tiste Lali­boi fait fusion­ner de manière inno­vante le hip-hop, le jazz et ses racines xho­sa. Sa car­rière a débu­té en 2000 lors­qu’il s’ins­crit à l’A­ca­dé­mie de musique de Gau­teng où il étu­die la trom­pette. Au-delà de sa tech­nique vocale dyna­mique, la musique de Lali­boi est riche en tra­di­tion et phi­lo­so­phie. Il est sur­tout connu pour son album Siyan­ga­phi, sor­ti en 2021.

 

 

Cet article a été rédi­gé pour Music In Afri­ca, #Aux­Sons l’a tra­duit en fran­çais et publié dans le cadre d’un par­te­na­riat média.

 

Gabriel Myers Hansen

Gabriel Myers Hansen est un journaliste musique et critique pop originaire d'Accra au Ghana.

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