{"id":52643,"date":"2024-05-21T10:12:23","date_gmt":"2024-05-21T08:12:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.auxsons.com\/?post_type=focus&#038;p=52643"},"modified":"2024-05-21T10:12:23","modified_gmt":"2024-05-21T08:12:23","slug":"peace-love-and-apartheid-lepopee-oubliee-du-woodstock-sud-africain","status":"publish","type":"focus","link":"https:\/\/www.auxsons.com\/en\/focus\/peace-love-and-apartheid-lepopee-oubliee-du-woodstock-sud-africain\/","title":{"rendered":"Peace, Love and Apartheid. L\u2019\u00e9pop\u00e9e oubli\u00e9e du Woodstock sud-africain"},"content":{"rendered":"<p><strong>Durant les ann\u00e9es&nbsp;1970, une partie de la jeunesse sud-africaine blanche manifestait en musique son hostilit\u00e9 au r\u00e9gime raciste de Pretoria. Appuy\u00e9 sur le sound system qui avait sonoris\u00e9 Woodstock, un festival gratuit marqua particuli\u00e8rement cette \u00e9poque&nbsp;: les Free People\u2019s Concerts, organis\u00e9s par David Marks. De la folk au boerpunk en passant par Johnny Clegg, retour sur cette r\u00e9sistance culturelle trop longtemps oubli\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1970. L\u2019Afrique du Sud s\u2019enfonce dans la r\u00e9pression, la parano\u00efa et l\u2019isolement. Voil\u00e0 sept ans que Nelson Mandela est emprisonn\u00e9. Et en cette ann\u00e9e du Bantu Homelands Citizenship Act, une loi qui prive les Noirs de tout droit dans l\u2019Afrique du Sud blanche, hormis dans ses bantoustans, David Marks, 26&nbsp;ans, est de retour \u00e0 la maison. Il vient de passer plusieurs mois hors du pays, notamment aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 il a travaill\u00e9 comme&nbsp;roadie&nbsp;(machiniste itin\u00e9rant) du metteur en son Bill Hanley pour un rendez-vous plac\u00e9 sous le signe de \u00ab&nbsp;trois jours de musique et de paix&nbsp;\u00bb&nbsp;: le l\u00e9gendaire festival de Woodstock. Un \u00e9v\u00e9nement qui va bouleverser la vie professionnelle et cr\u00e9ative de David Marks et participer au d\u00e9veloppement de la sc\u00e8ne alternative sud-africaine des ann\u00e9es&nbsp;1970-1980.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le que joua Woodstock dans l\u2019affranchissement de la musique sud-africaine blanche durant cette p\u00e9riode fut longtemps oubli\u00e9, sinon enterr\u00e9, en Afrique du Sud, y compris apr\u00e8s la fin de l\u2019apartheid. Pour que cette tranche d\u2019histoire resurgisse, il aura fallu la d\u00e9termination de David Marks, et la cr\u00e9ation, il y a dix ans, du Hidden Years Music Archive Project, un fonds abrit\u00e9 par l\u2019universit\u00e9 de Stellenbosch, dirig\u00e9 par Lizabe Lambrechts et financ\u00e9 par la fondation Volkswagen. On y d\u00e9couvre un cercle de Sud-Africains aujourd\u2019hui vieillissants \u2013&nbsp;pour beaucoup blancs, mais pas que&nbsp;\u2013 qui utilisa le viatique des musiques populaires-folk, jazz, marabi, kwela, maskanda et punk-rock pour communier tout en manifestant sa d\u00e9testation du r\u00e9gime d\u2019apartheid \u2013&nbsp;son racisme et sa morale calviniste et messianique.<\/p>\n<p>De 1971 \u00e0 1977, on pouvait voir ces jeunes rebelles aux Free People\u2019s Concerts, un festival gratuit organis\u00e9 chaque ann\u00e9e par David Marks sur le campus de l\u2019universit\u00e9 anglophone de Witwatersrand (surnomm\u00e9e \u00ab&nbsp;Wits&nbsp;\u00bb), en collaboration avec le Students\u2019 Representative Council (<span class=\"caps\">SRC<\/span>) de l\u2019institution et l\u2019aile culturelle du syndicat des \u00e9tudiants sud-africains, la blanche et lib\u00e9rale National Union of South African Students (Nusas) [1].<\/p>\n<p>Avec les concerts des Tribal Blues, \u00e9galement organis\u00e9s par David Marks au sein de Wits, ces rendez-vous musicaux furent, d\u00e8s leur premi\u00e8re \u00e9dition, en 1971, une sorte&nbsp;\u00ab&nbsp;d\u2019embryon tordu de la&nbsp;[future,&nbsp;<span class=\"caps\">NDLA<\/span>]&nbsp;nouvelle Afrique du Sud&nbsp;\u00bb, selon l\u2019expression de Shaun de Waal, journaliste culturel du quotidien&nbsp;Mail and Guardian.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;S\u2019<span class=\"caps\">ENTENDRE<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">SE<\/span> <span class=\"caps\">D\u00c9COUVRIR<\/span>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;L\u2019id\u00e9e, explique depuis Johannesburg David Marks, aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9 de 76&nbsp;ans,&nbsp;c\u2019\u00e9tait d\u2019avoir un endroit permettant de nous pr\u00e9senter, les Sud-Africains, les uns aux autres. Jusqu\u2019alors, nous \u00e9tions culturellement divis\u00e9s et isol\u00e9s et, bien s\u00fbr, pour la plupart, nous n\u2019\u00e9tions jamais diffus\u00e9s sur les ondes de la radio d\u2019\u00c9tat (nous n\u2019avions toujours pas de t\u00e9l\u00e9vision). L\u00e0, en un seul lieu et en quelques heures de concerts, on pouvait enfin s\u2019entendre et se d\u00e9couvrir&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;Et tant pis si, dans la foule, informateurs et flics en civil&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00e0 la perruque un peu trop de travers et au flingue per\u00e7ant sous la chemise&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00e9taient de la partie, s\u2019amuse David Marks.&nbsp;\u00ab&nbsp;Les Free People\u2019s Concerts, avec leurs musiciens noirs et blancs, ont r\u00e9ussi \u00e0 les faire flipper, et c\u2019\u00e9tait l\u2019une nos ambitions, souligne-t-il.&nbsp;Plut\u00f4t que de chercher \u00e0 faire tomber le r\u00e9gime nationaliste en nous engageant dans la r\u00e9volution, nous estimions que nous pouvions y arriver \u00e0 moindre co\u00fbt, et d\u2019une mani\u00e8re plus directe, en maniant les instruments de paix que sont les guitares et en organisant de bruyants concerts en plein air, pleins de bonnes vibrations et de&nbsp;protest songs.&nbsp;Pour nous, il \u00e9tait \u00e9vident que le bon sens l\u2019emporterait sur le non-sens et que l\u2019amour et la paix pr\u00e9vaudraient.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est depuis cette sc\u00e8ne id\u00e9aliste et utopique o\u00f9 l\u2019on portait coupes afro et cheveux longs \u2013&nbsp;parfois coup\u00e9s de force par des extr\u00e9mistes afrikaaners venus faire une descente anti-hippies&nbsp;\u2013 que se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent ainsi les pionniers des groupes tradimodernes noirs du pays, puis\u00e9s au l\u00e9gendaire Dorkay House <strong>[2<\/strong>], tels que&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/3rd-ear-music\/pampa-madiba-malombo-jazz-men-may-1976-wits?utm_source=clipboard&amp;utm_medium=text&amp;utm_campaign=social_sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-extlink>Malombo<\/a><\/strong>, men\u00e9 par le g\u00e9nial guitariste Philip Tabane.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 \u00e9galement que commenc\u00e8rent \u00e0 se produire des figures telles que Roger Lucey, entrav\u00e9, censur\u00e9 et fliqu\u00e9 par le r\u00e9gime et&nbsp;persona non grata&nbsp;sur les ondes de la South African Broadcasting Corporation (<span class=\"caps\">SABC<\/span>), la radio publique&nbsp;; ou le regrett\u00e9 James Phillips, mort en 1995, qui fut \u00e0 l\u2019origine de la sc\u00e8ne boerpunk, avec ses groupes Cherry Faced Lurchers et Corporal Punishment, tout comme du mouvement Vo\u00eblvry.<strong>[3]<\/strong><\/p>\n<h4><\/h4>\n<h4><strong><span class=\"caps\">UN<\/span> <span class=\"caps\">R\u00d4LE<\/span> <span class=\"caps\">SOUS-ESTIM\u00c9<\/span><\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est aussi dans l\u2019enceinte de Wits que furent organis\u00e9s les concerts des premiers combos multiraciaux comme Juluka, un groupe form\u00e9 par Sipho Mchunu et un certain Johnny Clegg, un ancien de l\u2019universit\u00e9, tout comme Claire Johnston, leader du collectif Mango Groove. Avec, derri\u00e8re sa table de mixage, en toutes occasions, l\u2019incontournable David&nbsp;Marks.<\/p>\n<p>La longue liste des musiciens et groupes alternatifs qui ont travers\u00e9 cette \u00e9poque <strong>[4]<\/strong> pour se retrouver devant les micros de David Marks atteste de la furieuse cr\u00e9ativit\u00e9 qui sourdait alors depuis l\u2019underground sud-africain. Tous et toutes \u00e9taient \u00e9videmment engag\u00e9s contre le r\u00e9gime raciste et bigot de Pretoria, mais \u00e9galement dans la campagne \u00ab&nbsp;End Conscription&nbsp;\u00bb visant \u00e0 abolir un service militaire obligatoire qui risquait de vous envoyer de l\u2019autre cot\u00e9 de la \u00ab&nbsp;Frontline&nbsp;\u00bb, en Namibie ou dans le sud de l\u2019Angola <strong>[5]<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9piphanie de cette r\u00e9volution culturelle sera le concert de charit\u00e9 donn\u00e9 le 12&nbsp;janvier&nbsp;1985 \u00e0 Ellis Park, au cours duquel 120&nbsp;000&nbsp;spectateurs, blancs et noirs, danseront c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, notamment lors du concert de Juluka.<\/p>\n<p>\u00c0 leur mani\u00e8re,&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/issuu.com\/witsalumnirelations\/docs\/witsreview_october_2017_issuu\/s\/109865\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-extlink>soulignait<\/a><\/strong>&nbsp;en octobre&nbsp;2017 Heather Dugmore pour la&nbsp;Wits Review, le mensuel de l\u2019universit\u00e9,&nbsp;\u00ab&nbsp;les Free People\u2019s ont jou\u00e9 un r\u00f4le sous-estim\u00e9 dans la suppression de toutes sortes de barri\u00e8res, raciales, id\u00e9ologiques, culturelles, sous-culturelles et de genre&nbsp;\u00bb. David Marks se rappelle en particulier cet instant o\u00f9 il vit des Hells Angels danser autour d\u2019un feu de joie avec des membres du Student Representative Council de Wits alors qu\u2019ils \u00e9taient venus dans l\u2019intention de&nbsp;\u00ab&nbsp;se faire des communistes&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019histoire est d\u00e9j\u00e0 assez \u00e9difiante. Mais la mani\u00e8re dont un petit Blanc sud-africain s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 convoquer l\u2019esprit de Woodstock et du \u00ab&nbsp;flower power&nbsp;\u00bb dans l\u2019Afrique du Sud de l\u2019apartheid l\u2019est encore plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong><span class=\"caps\">DES<\/span> <span class=\"caps\">MINES<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">OR<\/span> \u00c0 <span class=\"caps\">WOODSTOCK<\/span><\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour David Marks, tout commence au milieu des ann\u00e9es&nbsp;1960 par&nbsp;\u00ab&nbsp;21&nbsp;000&nbsp;pieds de profondeur&nbsp;\u00bb, dans la mine d\u2019or de St&nbsp;Helena, dans la province du Free State. \u00c9lev\u00e9 dans une ferme de la banlieue sud de Johannesburg par une m\u00e8re soutenant le parti lib\u00e9ral d\u2019Alan Paton et un beau-p\u00e8re grec issu d\u2019une famille ayant fui l\u2019occupation d\u2019Ath\u00e8nes durant la Seconde Guerre mondiale, David y travaille alors comme mineur, tout en composant des chansons qu\u2019il interpr\u00e8te les week-ends dans la ville de Welkom, avec ses potes mineurs du groupe The Jamtarries (terme d\u2019argot afrikaaner employ\u00e9 pour les jeunes mineurs blancs d\u00e9butants). David commence aussi \u00e0 \u00e9couter les rythmes noirs qui percent des townships, pour parfois s\u2019infiltrer jusqu\u2019au c\u0153ur blanc de Jo\u2019burg. Et d\u00e8s qu\u2019il le peut, il pose sa basse Hofner dans sa Simca pour rallier la zone grise de Hillbrow, ou les beatniks de la capitale \u00e9conomique se retrouvent au Nite Beat ou au Troubadour. Sur les sc\u00e8nes de ces miniclubs, Marks interpr\u00e8te ses morceaux ou des reprises de Bob Dylan et de Jeremy Taylor, un musicien anglais install\u00e9 en Afrique du Sud et devenu l\u2019une des figures de la chanson contestataire nationale. Marks se produit aussi \u00e0 Durban, o\u00f9 il tape le b\u0153uf avec son pote Harry Poulos, \u00e9galement clavier du groupe 4&nbsp;Jacks and a Jill \u2013&nbsp;un groupe qui va mettre David en orbite, en reprenant sa chanson \u00ab&nbsp;Master Jack&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>En 1967, pendant que Miriam \u00ab&nbsp;Mama Afrika&nbsp;\u00bb Makeba, exil\u00e9e depuis 1963, cartonne aux \u00c9tats-Unis avec&nbsp;Pata Pata,&nbsp;Master Jack, lui, s\u2019impose sur les ondes de la&nbsp;<span class=\"caps\">SABC<\/span>&nbsp;avant de poursuivre sa route aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 l\u2019heure n\u2019est pas encore au boycott culturel de l\u2019Afrique du Sud<strong> [6]<\/strong>.<\/p>\n<p>Le morceau, qui peut se lire comme une parabole sur l\u2019aveuglement du r\u00e9gime d\u2019apartheid, finit m\u00eame par atteindre la 18e&nbsp;place du classement du&nbsp;Billboard, la revue am\u00e9ricaine de l\u2019industrie du disque.<\/p>\n<p>Quand il arrive aux \u00c9tats-Unis, deux ans plus tard, David Marks, parti dans l\u2019espoir de signer un contrat avec une major, d\u00e9couvre que sa chanson est jou\u00e9e sur&nbsp;\u00ab&nbsp;les juke box de l\u2019Oklahoma, du Mississippi et du Tennessee&nbsp;\u00bb. Marks finit par se retrouver engag\u00e9 dans l\u2019\u00e9quipe de Bill Hanley, qui a d\u00e9j\u00e0 sonoris\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements phares de la pop culture am\u00e9ricaine tels que des concerts des Beatles, des \u00e9ditions du Newport Jazz Festival et du Newport Folk Festival, et m\u00eame l\u2019investiture du pr\u00e9sident Lyndon B. Johnson, en 1965. C\u2019est ainsi que le jeune Sud-Africain se retrouve \u00e0 monter et \u00e0 superviser la sonorisation du festival de Woodstock, organis\u00e9 entre le 15 et le 18&nbsp;ao\u00fbt&nbsp;1969 \u00e0 White Lake, dans l\u2019\u00c9tat de New York. Cens\u00e9 accueillir 50&nbsp;000 personnes, il en attirera dix fois&nbsp;plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong><span class=\"caps\">UNE<\/span> <span class=\"caps\">SOURCE<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">INSPIRATION<\/span><\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le grand \u0153uvre de Hanley sera aussi, pour Marks, un d\u00e9clic. D\u00e9sormais, il n\u2019a plus qu\u2019une id\u00e9e en t\u00eate&nbsp;: transporter l\u2019esprit de Woodstock dans son Afrique du Sud, un pays qui est alors&nbsp;\u00ab&nbsp;au fond du trou, s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9 et isol\u00e9 du reste du monde par un pouvoir \u00e0 l\u2019imagination d\u00e9lirante, sans limite et sans&nbsp;piti\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<blockquote><p>Les militants que j\u2019avais pu croiser aux \u00c9tats-Unis, qu\u2019ils soient lib\u00e9raux et socialistes, n\u2019avaient aucune id\u00e9e \u00e0 quel point ils \u00e9taient relativement libres par rapport aux restrictions que nous subissions en Afrique du Sud,&nbsp;poursuit-il. Sans parler de la suspicion et de la peur qui pouvait m\u00eame s\u2019emparer de cercles d\u2019amis. J\u2019\u00e9tais par ailleurs g\u00ean\u00e9 d\u2019avoir rencontr\u00e9 avec \u00ab&nbsp;Master Jack&nbsp;\u00bb un si grand succ\u00e8s international, alors qu\u2019il y avait tant de meilleures chansons et de meilleurs musiciens dans mon pays qui auraient d\u00fb \u00eatre entendus et connus. Voil\u00e0 peut-\u00eatre la vraie raison pour laquelle j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9, de retour au pays, de promouvoir, produire et enregistrer des auteurs-compositeurs nationaux et de r\u00e9unir des artistes jusqu\u2019alors divis\u00e9s ou s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est une \u00e9poque tragique&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;L\u2019apartheid resserrait sa laisse sur la nation, et Pieter Willem Botha <strong>[7]<\/strong>agitait son doigt pr\u00e9sidentiel en mettant en garde contre le \u201cSwart Gevaar\u201d&nbsp;[la peur de l\u2019homme noir,&nbsp;<span class=\"caps\">NDLA<\/span>], souligne la revue de l\u2019universit\u00e9 de Wits.&nbsp;L\u2019Afrique du Sud \u00e9tait en guerre, les townships en flammes et de nombreux Sud-Africains, y compris des \u00e9tudiants et des universitaires de Wits, \u00e9taient en prison, dans la clandestinit\u00e9 ou en exil. [\u2026] Tous ceux qui s\u2019opposaient au statu quo \u00e9taient fouett\u00e9s \u00e0 coups de&nbsp;sjambok [un fouet semi-rigide,&nbsp;<span class=\"caps\">NDLA<\/span>]),&nbsp;abattus ou tra\u00een\u00e9s dans des fourgons de police, m\u00eame s\u2019ils ne faisaient rien de plus dangereux que de danser.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>David Marks, qui vient de toucher les royalties de&nbsp;Master Jack, doit \u00e9galement d\u00e9nicher le mat\u00e9riel qui lui permettra d\u2019ambiancer une foule cons\u00e9quente. Or l\u2019Afrique du Sud n\u2019en a pas. Mais, d\u00e9but&nbsp;1970, les plan\u00e8tes s\u2019alignent&nbsp;: des colis l\u2019attendent \u00e0 la douane de l\u2019a\u00e9roport international Jan Smuts. C\u2019est un cadeau de Bill Hanley&nbsp;: la \u00ab&nbsp;poubelle de Woodstock&nbsp;\u00bb \u2013&nbsp;les \u00ab&nbsp;Woodstock Bins&nbsp;\u00bb, comme ses&nbsp;roadies&nbsp;les appelaient&nbsp;\u2013 vient d\u2019arriver en terre d\u2019apartheid. Dans les caisses, une grande partie du mat\u00e9riel employ\u00e9 pour le festival, avec en extra quelques platines de mix Rotary, des amplis Crown&nbsp;<span class=\"caps\">DC<\/span>&nbsp;300, un ampli Mc Intosh, des filtres, et douze hauts-parleurs&nbsp;<span class=\"caps\">JBL<\/span>&nbsp;de 15&nbsp;pouces. Bill Hanley a vraisemblablement envoy\u00e9 ce mat\u00e9riel par solidarit\u00e9 avec David Marks, incarnation d\u2019une jeunesse sud-africaine engag\u00e9e contre l\u2019apartheid. \u00c0 partir de l\u00e0, la musique sud-africaine blanche va conna\u00eetre sa r\u00e9volution culturelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;<span class=\"caps\">PAS<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NOIRS<\/span>, <span class=\"caps\">PAS<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">FEMMES<\/span>, <span class=\"caps\">PAS<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">CHIENS<\/span>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 Woodstock, une grande partie du public n\u2019est jamais arriv\u00e9e \u00e0 entendre ce qui se passait sur sc\u00e8ne&nbsp;: au del\u00e0 des premiers rangs, le sound system \u00e9tait inaudible. En Afrique du Sud, en revanche, les \u00ab&nbsp;Woodstock Bins&nbsp;\u00bb font du bruit. Durant les ann\u00e9es&nbsp;1970, ils vont sonoriser non seulement les Free People\u2019s Concerts, mais \u00e9galement les tourn\u00e9es des artistes internationaux \u2013 blancs comme africain-am\u00e9ricains&nbsp;\u2013 d\u00e9fiant l\u2019appel au boycott culturel et \u00e9conomique lanc\u00e9 par les Nations unies. C\u2019est ainsi que David Marks se retrouvera \u00e0 mixer les concerts de Percy Sledge devant un public noir, la loi lui interdisant de se produire devant des Blancs, au d\u00e9sespoir des Soul Brothers blancs <strong>[8].<\/strong><\/p>\n<p>Avec ses \u00ab&nbsp;Woodstock Bins&nbsp;\u00bb, David Marks tourne \u00e9galement dans les&nbsp;townships&nbsp;du Transvaal et du KwaZulu-Natal en compagnie de pointures du jazz sud-africain. Il sera aussi le premier \u00e0 introduire les musiciens de Malombo parmi les cercles progressistes blancs, tout comme, ult\u00e9rieurement, apr\u00e8s avoir pris en 1977 la direction du Market Theatre, les Ladysmith Black Mambazo de Joseph Shabalala. Marks, audiophile fou, enregistre aussi tout ce qui se passe \u00e0 port\u00e9e de ses micros, de Hugh Masekela au Lesotho aux murmures et aux vannes de la foule pr\u00e9sente aux Free People\u2019s Concerts. Ces rendez-vous sont alors de v\u00e9ritables actes de provocation \u00e0 l\u2019encontre du ministre de l\u2019Information de l\u2019\u00e9poque, le terrible Connie Mulder, engag\u00e9 dans la fermeture des derniers lieux mixtes de Johannesburg o\u00f9 l\u2019on pouvait encore \u00e9couter de la musique.&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00c0 l\u2019\u00e9poque, avec lui c\u2019\u00e9tait litt\u00e9ralement&nbsp;: \u201cPas de Noirs, pas de femmes, pas de chiens\u201d&nbsp;\u00bb, souligne Marks.<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, les Free People\u2019s Concerts deviennent pourtant un \u00e9v\u00e9nement culturel majeur, qui attirera jusqu\u2019\u00e0 28&nbsp;000&nbsp;personnes en 1985, derni\u00e8re ann\u00e9e de son organisation hors du campus de Wits. Le lieu du festival a en effet chang\u00e9, tant pour accueillir une foule croissante que pour \u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9pression. \u00c0 leurs d\u00e9buts, les Free People\u2019s Concerts profitaient en effet d\u2019un vide juridique&nbsp;: si un \u00e9v\u00e9nement \u00e9tait \u00e0 but priv\u00e9, et si l\u2019entr\u00e9e \u00e9tait gratuite, tout comme les prestations des artistes, il ne pouvait y avoir aucune restriction sur le public qui y assistait.&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous avions des \u00e9tudiants en droit de Wits qui travaillaient sur les voies et les moyens d\u2019\u00e9viter la confrontation, explique David Marks.&nbsp;Il fallait s\u2019assurer que nous n\u2019enfreignions pas la loi d\u2019une mani\u00e8re qui porterait pr\u00e9judice aux personnes que nous invitions \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements.&nbsp;\u00bb&nbsp;Cette strat\u00e9gie marchera jusqu\u2019en 1976, ann\u00e9e de la r\u00e9pression meurtri\u00e8re des \u00e9meutes de Soweto. Le Conseil national de l\u2019\u00e9ducation publie alors un d\u00e9cret d\u2019\u00c9tat interdisant aux \u00ab&nbsp;non-Blancs&nbsp;\u00bb d\u2019assister \u00e0&nbsp;\u00ab&nbsp;ce festival en plein air de type Woodstock sur le campus&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Un dernier Free People\u2019s Concerts sera organis\u00e9 en 1977 par David Marks sur le campus de Wits. Les sept \u00e9ditions suivantes, jusqu\u2019en 1985, seront organis\u00e9es hors les murs, d\u2019abord dans le quartier Milpark, \u00e0 Jo\u2019burg, puis dans celui de Kelvin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4><strong><span class=\"caps\">UNE<\/span> <span class=\"caps\">AUTRE<\/span> <span class=\"caps\">HISTOIRE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> L\u2019<span class=\"caps\">APARTHEID<\/span><\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la chute de l\u2019apartheid, David Marks contribuera \u00e0 faire bouger les mentalit\u00e9s. On lui doit ainsi la cr\u00e9ation en 1990 de ce qui reste aujourd\u2019hui l\u2019un des plus grands festivals en plein air du continent, le Splashy Fen Music and Mountain Festival, organis\u00e9 chaque mois d\u2019avril au pied du Drakensberg, une cha\u00eene de montagnes situ\u00e9e au c\u0153ur de l\u2019Afrique du Sud. Reste que, aujourd\u2019hui encore, il demeure amer&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous avons \u00e9t\u00e9 trop longtemps ignor\u00e9s par notre propre histoire&nbsp;\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p>Une injustice que l\u2019\u00e9quipe des&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/hiddenyears.co.za\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-extlink>Hidden Years Music Archive Project<\/a><\/strong>, de l\u2019universit\u00e9 de Stellenbosch, entend bien r\u00e9parer en acc\u00e9l\u00e9rant la num\u00e9risation de son fonds.&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous avons un nombre grandissant de jeunes historiens qui viennent consulter nos archives&nbsp;\u00bb, souligne Lizabe Lambrechts. Aux c\u00f4t\u00e9s des documents, posters, notes de terrain et milliers d\u2019heures d\u2019enregistrement l\u00e9gu\u00e9s par David Marks, on retrouve aussi les archives laiss\u00e9es par Roger Lucey, Johnny Taylor ou encore Shifty Records, le label embl\u00e9matique des ann\u00e9es punk\/new wave sud-africaines.&nbsp;\u00ab&nbsp;La magie de ces archives, explique Lizabe Lambrechts,&nbsp;c\u2019est qu\u2019elles participent \u00e0 nuancer une histoire de l\u2019apartheid qu\u2019on a encore trop tendance, surtout \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 lire uniquement en noir ou en blanc. On y apprend ainsi qu\u2019il y avait aussi des musiciens, qui n\u2019avaient pas les moyens de partir en exil, et qui ont continu\u00e9 \u00e0 jouer de la musique pour tous dans un environnement extr\u00eamement r\u00e9gul\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9. On y d\u00e9couvre aussi l\u2019ambiance qui r\u00e9gnait dans ces petits clubs de Johannesburg o\u00f9 l\u2019on se retrouvait chaque semaine pour \u00e9couter de la musique, parler politique, et bien s\u00fbr s\u2019\u00e9clater. Finalement, tout cela d\u00e9voile une histoire plus complexe du quotidien d\u2019une partie de la jeunesse sud-africaine blanche de l\u2019\u00e9poque&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es&nbsp;1970-1980, la musique ne fut pas uniquement une source d\u2019espoir et de lib\u00e9ration pour l\u2019Afrique du Sud noire. Elle permit aussi \u00e0 une frange de la jeunesse blanche de s\u2019\u00e9manciper en d\u00e9jouant les m\u00e9canismes de censure du r\u00e9gime d\u2019apartheid. Et David Marks fut l\u2019un de ces rebelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notes et Ressources&nbsp;:<\/p>\n<p><strong>[1]&nbsp;<\/strong>En 1968, Steve Biko fut d\u00e9sign\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la Conf\u00e9rence de la Nusas pour l\u2019universit\u00e9 de Rhodes, avant de quitter l\u2019organisation un an plus tard, estimant que les pr\u00e9occupations des \u00e9tudiants de race noire n\u2019\u00e9taient pas prises en compte. Il fonda alors le premier syndicat \u00e9tudiant noir de l\u2019Afrique du Sud, la South African Students\u2019 Organisation (Saso), qui devint l\u2019un des principaux repr\u00e9sentants du \u00ab&nbsp;Black Consciousness Movement&nbsp;\u00bb (le \u00ab&nbsp;Mouvement de conscience noire&nbsp;\u00bb).<\/p>\n<p><strong>[2]&nbsp;<\/strong>Abritant l\u2019Artists Union, destin\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger les artistes noirs de l\u2019exploitation, le b\u00e2timent d\u2019Eloff Street, situ\u00e9 dans le centre de Johannesburg, fut, des ann\u00e9es&nbsp;1950 aux ann\u00e9es&nbsp;1970, l\u2019incubateur des meilleurs jazzmen et soulmen sud-africains.<\/p>\n<p><strong>[3]&nbsp;<\/strong>Ce terme, qui peut \u00eatre traduit par \u00ab&nbsp;rebelle&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;libre comme un oiseau&nbsp;\u00bb en afrikaans, donna son nom \u00e0 la sc\u00e8ne afrikaaner antiapartheid.<\/p>\n<p><strong>[4]<\/strong>&nbsp;Parmi eux&nbsp;: The Genuines, Benny B\u2019Funk and the Sons of Gaddafi, Tighthead Fourie, Loose Forwards, Richard Jon Smith,&nbsp;<span class=\"caps\">PJ<\/span>&nbsp;Powers and Hotline, Dr&nbsp;C, Splash, African Jazz Pioneers, Via Afrika, Horn Culture, Radio Rats, Wasamata, Psycho Reptiles, Midnight Hour, Spectres, Believers, Bright Blue, Unhinged, Winston\u2019s Jive Mixup, The K\u00earels, ou The Abstractions\u2026<\/p>\n<p><strong>[5]<\/strong>&nbsp;Sous le r\u00e9gime d\u2019apartheid, tous les jeunes Sud-Africains blancs devaient effectuer un service militaire obligatoire, pass\u00e9 \u00e0 deux ans en 1977. En cas de refus, ils risquaient d\u2019\u00e9coper d\u2019une lourde peine de prison&nbsp;: jusqu\u2019\u00e0 six ans dans les ann\u00e9es&nbsp;1980.<\/p>\n<p><strong>[6]&nbsp;<\/strong>Le 2&nbsp;d\u00e9cembre&nbsp;1968, l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies demande \u00e0 tous les \u00c9tats et \u00e0 toutes les organisations&nbsp;\u00ab&nbsp;de suspendre les \u00e9changes culturels, \u00e9ducatifs, sportifs et autres&nbsp;\u00bb&nbsp;avec le r\u00e9gime raciste d\u2019Afrique du Sud et avec les organisations ou institutions nationales qui pratiquent l\u2019apartheid.<\/p>\n<p><strong>[7]&nbsp;<\/strong>Ministre de la D\u00e9fense de 1966 \u00e0 1980, Premier ministre de 1978 \u00e0 1984 et pr\u00e9sident de l\u2019Afrique du Sud de 1984 \u00e0&nbsp;1989.<\/p>\n<p><strong>[8]<\/strong>&nbsp;Pretoria all\u00e9gera finalement les restrictions pour que l\u2019auteur de&nbsp;When a Man Loves a Woman&nbsp;puisse se produire devant un public blanc, en juin&nbsp;1970. Un live au Luxurama de Capetown atteste du s\u00e9jour de Percy Sledge en Afrique du&nbsp;Sud<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><em><strong>Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.musicinafrica.net\/fr\/magazine\/peace-love-and-apartheid-lepopee-oubliee-du-woodstock-sud-africain\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Music In Africa<\/a>&nbsp;et re-publi\u00e9 par #AuxSons dans le cadre d\u2019un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.auxsons.com\/breves\/auxsons-et-music-in-africa-unissent-leurs-forces\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">partenariat m\u00e9dia<\/a>.&nbsp;<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><em><strong>Avertissement\/Clause de non-responsabilit\u00e9<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><em>Les aper\u00e7us de Music In Africa fournissent des informations g\u00e9n\u00e9rales sur les sc\u00e8nes de musique dans les pays africains. Music In Africa comprend que l\u2019information contenue dans certains de ces textes pourrait devenir d\u00e9pass\u00e9e avec le temps. Si vous souhaitez fournir des informations plus r\u00e9centes ou des corrections \u00e0 l\u2019un de nos textes, veuillez nous contacter sur&nbsp;<a href=\"mailto:%20info@musicinafrica.net.\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" data-extlink>info@musicinafrica.net(link sends e-mail)<\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c9dit\u00e9 par Jean-Christophe Servant<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Durant les ann\u00e9es&nbsp;1970, une partie de la jeunesse sud-africaine blanche manifestait en musique son hostilit\u00e9 au r\u00e9gime raciste de Pretoria. Appuy\u00e9 sur le sound system qui avait sonoris\u00e9 Woodstock, un festival gratuit marqua particuli\u00e8rement cette \u00e9poque&nbsp;: les Free People\u2019s Concerts, organis\u00e9s par David Marks. De la folk au boerpunk en passant par Johnny Clegg, retour<\/p>\n","protected":false},"author":606,"featured_media":52645,"menu_order":0,"template":"","format":"image","meta":{"_acf_changed":false,"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"class_list":["post-52643","focus","type-focus","status-publish","format-image","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Peace, Love and Apartheid. L\u2019\u00e9pop\u00e9e oubli\u00e9e du Woodstock sud-africain - #AuxSons<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Durant les ann\u00e9es\u00a01970, une partie de la jeunesse sud-africaine blanche manifestait en musique son hostilit\u00e9 au r\u00e9gime raciste de Pretoria. 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